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Le pharaon égyptien et sa femme Néfertiti sont à l'honneur dans une exposition à Genève
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Profil du roi Akhenaton ou de la reine Néfertiti.
Photo : Musées royaux d'art et d'histoire, Bruxelles
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Trois questions à Thomas Römer, professeur de théologie à l'université de Lausanne et au Collège de France, à l'occasion de l'exposition genevoise
Akhenaton a-t-il vraiment été l'inventeur du monothéisme?
Thomas Römer: Cela dépend de ce que vous entendez par monothéisme. Si vous le voyez, tel qu'il est conçu aujourd'hui, comme un Dieu unique et transcendant qui s'occupe de l'univers et du monde, je réponds non. Ce qu'Akhenaton a inventé est plutôt une sorte de syncrétisme. Pour le pharaon, tous les dieux de l'Egypte sont des manifestations du seul dieu Aton, qui est le soleil. Le monothéisme biblique propose une vision plus polémique: il n'y a qu'un seul Dieu, les autres sont des idoles ou des chimères.
Akhenaton vivait en 1360 avant Jésus-Christ. A-t-il pu avoir une influence sur Moïse?
Le Moïse historique est difficile à saisir, mais on le place plutôt aux alentours de 1200 ans avant J.-C. Moïse n'a donc pas pu être un disciple d'Akhenaton. Le fait est qu'Akhenaton, en interdisant les autres dieux, a provoqué un traumatisme, même si son règne a été de courte durée. Ce choc a pu influencer les Hébreux en Egypte, qui auraient pu en garder la mémoire. Le monothéisme biblique est indissociable d'une loi, la Torah, alors que chez Akhenaton, le monothéisme concerne surtout la famille royale.
Quels étaient les rapports entre l'Egypte ancienne et les Hébreux?
A la fin de la Genèse, Joseph et le pharaon s'entendent en parlant de Dieu. La possibilité d'un contact théologique existe entre les Egyptiens et les Hébreux. Ensuite, apparaît un antagonisme très fort. Dans l'histoire de l'Exode, l'Egypte joue clairement le rôle du méchant. Cette opposition nous ramène aux deux conceptions du monothéisme dont je parlais. Chez les Egyptiens, la vision est inclusive, le dieu unique peut se manifester sous toutes sortes de formes - derrière toutes les croyances, ne se cache-t-il pas le même dieu? Chez les Hébreux, il n'y a qu'un seul Dieu, les autres ne sont que des idoles. Ce monothéisme exclusif deviendra majoritaire aussi bien dans la tradition juive que dans l'islam.
Une exposition
Du 17 octobre 2008 au 1er février 2009. Musée d'art et d'histoire, rue Charles-Galland 2, Genève, de 10 à 17h. Visites commentées, dimanche à 11h, sauf le 28 décembre.
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