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Un ami se confie à vous. Apprenez à lui porter une oreille attentive
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Solveig Perret: «Aider l'autre à retrouver ses ressources.»
Photo : DR
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Vous avez sûrement déjà confié vos soucis à un proche, sans avoir le sentiment d'être entendu. Cela prouve une chose: écouter une confidence est un art. Quelques attitudes de base permettent de l'apprendre, les connaissez-vous? La pasteur Solveig Perret, seize ans d'expérience dans la formation à l'écoute, ouvre nos oreilles pour ces situations particulières, en avant-goût d'un cours inédit pour visiteurs bénévoles.
- Soyez tout à fait présent pour votre interlocuteur. «Il y a plein de moments où ce que l'autre dit me fait penser à ma propre histoire, explique Solveig Perret. Par exemple, cette dame, en me racontant sa maladie, me replonge dans mes émotions d'enfant face à ma mère souffrante. A cet instant, je suis distraite, moins encline à l'écouter.» Repérez cela et dites-vous: «Je m'occupe de moi après, maintenant, je suis ici». Il y a un paquet de sentiments chez l'autre, et un paquet de sentiments chez vous. Laissez-le exprimer ceux qui vibrent en lui. Vous comprendrez ce qui l'habite.
- Evitez les «tu devrais faire ceci». Eh oui, un conseil est vite dit, mais ce n'est pas de l'écoute. Chacun a longtemps dû vivre sous les injonctions d'autrui et occuper la place qu'on a bien voulu lui laisser. Il a perdu confiance dans ses propres capacités. Une vraie écoute offre enfin l'occasion d'être soi-même. Elle est la permission de vivre sa vie pleinement. Confiance! Celui qui se confie va formuler lui-même sa solution. Si, après une longue attention, vous donnez un avis, exprimez-le clairement à partir de vous-même: «J'ai l'impression que...»
- Renoncez à raconter vos propres expériences. Ce serait du bavardage. Montrez plutôt que vous avez bien entendu ce qui le préoccupe. N'apportez une expérience qu'après avoir longuement écouté sa situation et si vous avez l'impression que cet éclairage lui est utile, à lui.
- N'ayez pas peur du silence. Nous croyons que nous devons dire quelque chose d'important. Mais l'écoute sert plutôt à faire émerger la parole qui est en autrui. Un ange passe? Familiarisez-vous avec ce silence, laissez votre vis-à-vis trier ses pensées et reprendre son récit. Le résultat risque d'être étonnant!
- Restez attentif. Votre interlocuteur vous parle d'une histoire qui implique quelqu'un d'autre et vous déviez sur ce que ce tiers a ressenti. Il suffit d'un instant où vous vous concentrez sur cela pour que votre vis-à-vis se sente abandonné. Restez en sa compagnie et demandez-lui plutôt comment il a, lui, ressenti les choses.
- Renoncez à juger. Cela permet un cheminement. Le non-jugement est l'exercice le plus profond au niveau spirituel. Car c'est là que peuvent émerger le pardon et la grâce. Pas facile quand un récit heurte vos valeurs! Il est permis de le dire: «J'entends tes valeurs. J'en ai d'autres, mais je peux accepter que cela soit comme cela pour toi.»
- Gardez à l'esprit le but de l'écoute. Elle aide autrui à mieux se situer, à devenir encore plus lui-même et à agir à partir de qui il est, plutôt que sous influence. Une vraie écoute est un cadeau précieux qui offre la possibilité d'éclore. Elle permet de se restructurer et de retrouver l'énergie de ses ressources. Quoi de plus nourrissant qu'une écoute compatissante! Le secret, c'est être capable d'entrer dans la tristesse comme dans la joie de l'autre.
- Le second effet de l'écoute. C'est le moment où vous êtes illuminé par ce que l'autre vous dit. Tout à coup, il vous apporte quelque chose de fort. Il devient comme porteur d'une parole divine qui vous édifie.
Solveig Perret en est convaincue: écouter s'apprend. «La manière de faire est toujours personnelle, précise-t-elle. Des attitudes de base s'enseignent, puis s'exercent en fonction de votre personnalité. L'écoute est un cheminement avec soi, avec l'autre et avec Dieu.»
En faire plus
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Une formation: Cours de base pour visiteurs bénévoles, cinq demi-week-ends, du vendredi 18h au samedi 17h au Camp de Vaumarcus (NE), 7-8 décembre, 25-26 janvier, 15-16 février, 7-8 mars, 11-12 avril. Prix: 450 fr. Rens. et inscr.: 032 853 11 88
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Un récit: Une bénévole lausannoise raconte avec sensibilité son expérience de visiteuse dans un petit livret. Marianne Wenker-Cornaz, «Clin d'œil de visiteuse», 35 pp., 5 fr., à commander au 021 652 43 48
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