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Vie des gens
Les animaux des religieux Version imprimable Suggérer par mail
19-09-2007

Pourquoi moines et chanoines ne font plus toujours bon ménage avec un élevage.

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Les chanoines ont cédé leurs chiens.

Photo : bn 


Il est superbe. Assis majestueusement, il se laisse caresser par les touristes, placide. Barry, le saint-bernard, garde l'attitude du bon chien pataud, pendant que les mains d'enfants palpent son pelage magique. «Ce sont de bons compagnons, ils acceptent tout le monde, remarque Anja Ebener, porte parole de la Fondation Barry. Ils ont une mentalité qui correspond aux principes religieux des chanoines.»

Pourtant, les frères ne s'en occupent plus depuis 2005, date à laquelle ils les ont cédés à la Fondation, qui les élève toujours au col. «Nous préférons aujourd'hui consacrer notre temps aux humains, explique frère Frédéric. Les chiens nous prenaient beaucoup de temps, alors que de plus en plus de gens montent nous voir.» Aujourd'hui, seul trois chanoines et une oblate servent le Christ sur le col italo suisse.

«L'hospice existe depuis l'an 1050 mais les saint-bernards ne sont là que depuis le XVIIe siècle. Ils servaient à la garde et à faire la trace en hiver.» La fonction de chiens d'avalanche est révolue pour eux, supplantés par les bergers allemands moins encombrant à transporter en hélicoptère.

Chevaux de la Madone

Le somptueux monastère d'Einsiedeln (Schwyz) a aussi eu son élevage. De chevaux, lui. Et pas des moindres. Considéré comme l'un des plus grands éleveurs au XVIe siècle, il fournissait les Chevaux de la Madone aux troupes pontificales. Il en reste aujourd'hui vingt dans les étables du monastère, mais, ici aussi, les religieux ne s'en occupent plus eux-mêmes.

«Nous n'avons plus les membres formés pour cela, rigole le Père Wolfgang. Nous étions deux cents en 1950, nous ne sommes plus que huitante. Le dernier moine formé à l'élevage est mort il y a dix ans.»

Mais quel rapport entre des moines et des chevaux? «Il en fallait pour le transport, explique le Père. C'était un commerce. Jusqu'à la première guerre mondiale, cela marchait bien.» Aujourd'hui, cela coûte. Il a fallu récolter près de 5 millions de francs pour rénover les étables.

  • G.D.