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La croix et la bannière Version imprimable Suggérer par mail
19-09-2007

bn0907_max_blaserLa rentrée politique est agitée à la veille des élections fédérales. Les partis nous proposent une soupe de complot à la crème aigre dont certains se régalent tandis que la nausée gagne une partie de la population.

L'intensification des moyens de communication, un durcissement des messages et une simplification des slogans conduisent le citoyen aux urnes avec des certitudes et des convictions fortes basées sur des arguments faibles, tandis que les politiciens s'invectivent sous nos yeux.

Cette radicalisation des positions et du langage en politique est malsaine pour la cohésion nationale, elle divise un peuple réuni sous la même bannière, bannière par ailleurs ornée d'une croix.

Seul une minorité se souvient et se soucie de la signification de cette croix au cœur de notre drapeau. Rappellons simplement l'essentiel. La croix suisse tire son origine de la croix chrétienne, les premiers indices remontant à saint Maurice, au IVe siècle.

Et cette croix suisse, que nous sommes fiers d'exhiber le plus souvent possible, lors de cérémonies officielles, lors de joutes sportives internationales, sur notre chocolat, nos cervelas et nos patates, évoque les valeurs de l'Evangile.En lien direct avec ces valeurs, il est utile de répéter le préambule de notre Constitution fédérale:

«Au nom de Dieu Tout-Puissant! Le peuple et les cantons suisses...

  • Résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l'indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d'ouverture au monde,
  • Déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l'autre et l'équité,
  • Conscients des acquis communs et de leur devoir d'assumer leurs responsabilités envers les générations futures,
  • Sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres, arrêtent la constitution que voici...»

Le rôle des politiciens est de tout mettre en œuvre pour travailler selon ces fondements. Si L'Eglise n'a pas à se mêler de politique, elle s'inquiète des stratégies de communication mises en place par les partis qui tendent à prendre les citoyens pour des moutons et qui préfèrent souvent la démagogie au débat constructif  au service de tous. Manque la croix et la manière, en somme... Bonnes votations à chacun.

  • Max Blaser, Conseiller synodal