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Panorama
Un trésor de la cathédrale mis au jour Version imprimable Suggérer par mail
19-09-2007

Après quarante ans de travaux de restauration, le porche décoré retrouve ses couleurs. Une invitation à la fête et à la visite.

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Le trésor du portail peint de la cathédrale révèle enfin sa splendeur.

Photo : Valdemar Verissimo 

 

Chaque Vaudois a désormais une bonne raison de revenir à la cathédrale. Son portail peint, fermé à la visite depuis des décennies, a rouvert le 4 octobre dernier. Chacun a désormais la possibilité de retrouver l'éblouissement qui devait être celui des dizaines de milliers de pèlerins qui, il y a 750 ans, venaient chaque année visiter ce haut lieu de la spiritualité chrétienne.

Une restauration rigoureuse et patiente a permis de rendre accessible ce trésor unique en Europe. Michel Lederrey, pasteur de la paroisse Chailly - La Cathédrale, se réjouit de la réouverture de cet espace extraordinaire:

«C'est un lieu magnifique de méditation et de recueillement, explique-t-il. Le visiteur ne peut qu'être émerveillé par le calme et la beauté qui y règnent. A lui seul, le portail peint offre aussi, en images, tout un catéchisme. La paroisse de la cathédrale est heureuse d'être associée aux festivités qui vont marquer l'événement.»

Suivons la visite avec le pasteur. Car les années, comme les couleurs, ont passé, et ce qui pouvait paraître évident à un pèlerin du XIIIe siècle ne l'est plus du tout pour le visiteur de 2007.

Le portail peint est un porche d'entrée, sur la façade sud de la cathédrale. Il date de 1235, à la fin de la construction de l'église. Il devait servir à accueillir des pèlerins de plus en plus nombreux, venus vénérer la Vierge de Notre-Dame de Lausanne. Plutôt que de passer par l'entrée principale, les pèlerins empruntaient ce sas entre le monde profane et l'espace sacré, pour se rendre à la chapelle de la Vierge, à côté du chœur.

Les statues polychromes du portail peint incarnent, devant la scène du couronnement de la Vierge par le Christ, au-dessus de la porte d'entrée, des personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament. Un riche livre de pierre dont nous tournons les pages.

Le portail peint 

En entrant, le pèlerin voit sur sa gauche des personnages qui sont dans l'attente de ce que Jésus va accomplir: le roi David, des prophètes, Jean-Baptiste. Sur la droite, il rencontre les piliers de l'Eglise: Pierre, Paul et les évangélistes. Devant lui, au-dessus d'un archange, le visiteur contemple la scène du couronnement de la Vierge par le Christ, le paradis.

Le Christ en majesté nous fait face. A sa droite, plus petite et en dessous de lui, Marie, les mains jointes, reprend la fonction de l'ange et intercède pour les pèlerins. Marie symbolise l'Eglise, celle qui garde la mémoire, porteuse du Christ pour les hommes, témoin de sa mort et de sa résurrection, confiée à la sollicitude des disciples.

Au dessous, le linteau montre deux scènes de la dormition et de l'assomption de la Vierge. Dans une telle conception, elle n'est pas morte ni ressuscitée, elle monte au ciel sans avoir connu la corruption. D'autres parlent plutôt de sa mort et de sa montée au ciel. Elle est alors plus humaine, faillible, précaire. Ces deux conceptions déterminent aussi deux visions différentes de ce qu'est l'Eglise.