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Coup de jeune
«Croire en Dieu est devenu ringard» Version imprimable Suggérer par mail
19-09-2007

Pas facile d'avoir la foi à 16 ans. Deux jeunes confient leurs attentes face à l'Eglise.

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Sophie et Thierry dans une activité théâtrale.

Photo : DR 


«Croire en Dieu est devenu ringard!» Sophie Vial est catégorique: avoir la foi à 16 ans est parfois difficile à vivre. Cette gymnasienne engagée peine à faire partager ses convictions à ses amis: «Quand ils apprennent que je suis croyante, je perçois souvent un rejet. On m'a rarement posé des questions, et je reste discrète.»

Les motifs de cette réaction? Pour Sophie, notre société matérialiste influence les adolescents: «Ils ont de la peine à remettre leur vie entre les mains d'un être qu'ils ne peuvent pas voir.»

Les jeunes seraient-ils complètement indifférents à la spiritualité? Christian Vez, aumônier dans les gymnases, nuance: «S'il est rare de rencontrer des adolescents véritablement engagés, ils ne sont pas fermés à ces questions. Souvent, c'est un drame ou une crise existentielle qui les pousse à chercher Dieu.»

Le pasteur note que la majorité des adolescents ne revendique pas une identité religieuse. C'est aussi ce qu'observe Thierry Schiffmann, 18 ans: «Mes amis croient en quelque chose, mais ne savent pas quoi exactement.»

Le gymnasien met en cause les médias. «Les journaux et la télévision nous offrent une large vision du monde. Cette ouverture remet nos croyances en question et fragilise notre foi.» A l'inverse, les adolescents ne savent plus ce qu'est le christianisme.

Alors, comment susciter l'intérêt pour la foi? L'Eglise doit être plus proche des préoccupations des jeunes, aux yeux de Thierry. «On a l'impression qu'elle craint les changements que nous voudrions apporter!» Christian Vez souligne qu'une ouverture d'esprit est nécessaire. «Nous devons accepter les adolescents tels qu'ils sont, avec leurs préoccupations, en leur faisant savoir que nous sommes là s'ils ont des questions.»

Sophie propose que l'Eglise organise plus d'activités comme le théâtre ou les concerts, afin d'allier intérêts des adolescents à une réflexion sur la spiritualité. «Les activités de groupe sont un bon moyen de briser la solitude et l'individualisme dont nous souffrons!»

Tous sont convaincus que le christianisme reste porteur de messages forts avec des valeurs qui peuvent toucher les jeunes. Thierry: «Le respect et l'amour sont deux piliers de la foi chrétienne. L'amour inconditionnel de Dieu interpelle les adolescents qui souffrent souvent d'un manque d'attention. Quant au respect d'autrui, il est négligé dans notre société. Les Evangiles rappellent que chaque être humain y a droit.»

  •   A. J.