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«Dans chaque photo il y a une émotion» Version imprimable Suggérer par mail
26-10-2007

Le photographe lausannois Marcel Imsand, 78 ans, révèle le secret d'un portrait réussi

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Marcel Imsand: «Mes photos ont la couleur de la foi.»

Photo : Philippe Dubath 

 

En plus de quarante ans de métier, laquelle de vos photos vous plaît le plus?
Marcel Imsand: Je ne peux dire celle que je préfère. C'est toujours une question d'atmosphère, de contact humain. J'ai beaucoup photographié les gens. A chaque fois, c'était une rencontre qui a compté.

La touche Marcel Imsand, ce quelque chose qui fait que nous reconnaissons au premier regard une de vos photos, qu'est-ce au juste?
Je suis un homme discret. Je ne m'impose pas beaucoup en faisant des photos. Et j'en fais peu. J'établis une relation avec les gens. C'est ce contact qui permet d'avoir une émotion. Dans chaque photo, il y a une émotion. On reconnaît mes photos à travers les émotions qu'il y a dedans.

Vous excellez dans le portrait. Arrivez-vous à montrer l'intérieur de quelqu'un, juste avec la lumière sur un visage?
Oui. Si l'on ne voit pas l'intérieur des gens, il n'y a pas de portrait. Le portrait exprime ce que les gens ont à l'intérieur. Pour cela, il faut les aimer comme ils sont, sentir qu'ils vous font confiance. Et aussi que cela soit réciproque. Vous pouvez alors faire des images avec une certaine tendresse. Si les gens ne vous font pas confiance, il ne se passe pas grand-chose dans la photo.

Justement, il y a toujours de la douceur dans votre manière d'approcher vos sujets. Est-ce toujours une histoire d'amour?
Oui, c'est toujours une histoire d'amour qui se passe entre deux personnes. C'est un regard de tendresse que vous portez sur les gens. Et les gens vous la redonnent. Ensuite, si une photo dégage de la tendresse, ceux qui la regardent s'y retrouvent bien.

C'est la lumière qui fait la photo.»


Y a-t-il quelque chose de religieux dans votre approche?

Mes photos ont la lumière de la foi. C'est aussi pour cela que les gens sont touchés. J'ai fait un reportage sur les couvents en Suisse. J'ai pu exprimer ce que l'on ressent dans un couvent. J'y suis entré. C'était passionnant de rencontrer les personnes qui se sont retirées là pour prier. 


De certains personnages, Paul et Clémence, le berger Luigi... vous avez tiré des livres. Qu'est-ce qui vous a séduit chez eux?

Chez Paul et Clémence, qui vivaient dans une maison isolée entre Cossonay et La Sarraz, c'était la confiance qu'il y avait entre nous, la complicité, le respect mutuel. Ils sentaient bien que je les respectais beaucoup. Je ne peux pas arriver chez les gens et commencer à mitrailler. J'employais mon petit Leica. Parfois je faisais des photos, d'autres fois, je n'en faisais point. Je suis allé les voir pendant dix ans. Luigi, j'allais le voir deux jours par mois dans son troupeau. C'est sans doute le plus religieux de mes livres. Il s'y trouve beaucoup d'espoir. Et de lumière.