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La souffrance, que vous montrez aussi, ne vous a pas épargné...
Sitôt que vous avez une sensibilité, une réception des choses de la vie, automatiquement, il y a des souffrances à certains moments. Parfois grandes. La souffrance aiguise votre sensibilité.
Vous publiez aujourd'hui un livre de vos photos de la chanteuse Barbara. Elle disait de vous: «Devant ce talent-là, je ne peux que faire silence.» Un sacré compliment...
C'étaient les premières photos que j'avais faites d'elle. Elle a voulu les voir le lendemain. Elle a écrit cette dédicace, où elle ajoutait: «Je vous remercie de vous.» C'est un beau compliment. Les photos étaient belles. Elle m'avait fait confiance assez vite. C'était une femme généreuse, d'une grande sensibilité, avec beaucoup d'humour malgré ses chansons mélancoliques. Je l'ai connue pendant trente ans. Je l'ai suivie en tournée, suis allé chez elle à Pressy, j'étais un peu son photographe.
Vous photographiez aussi souvent la nature. Que vous apprend-elle?
La nature, c'est une autre approche. Il faut avoir un sens de la lumière, de la composition. J'ai réalisé des livres de paysages en couleur: «Saisons du Léman» (épuisé), ou «Vaud, visions de rêve». Là, c'est la lumière qui fait la photo. Et les lumières sont plus belles en novembre et décembre, en janvier, février. Je me sens bien dans la nature. Je l'ai beaucoup observée, et découverte. J'en suis très proche.
Des appareils photo sont désormais intégrés dans les téléphones portables. Avec le numérique, tout le monde est photographe. Comment vivez-vous cette explosion, vous qui refusez d'utiliser le flash?
Je n'utilise pas le numérique. On ne peut pas le comparer avec le travail d'un photographe qui développe lui-même. Dans le noir et blanc, le numérique n'arrivera jamais au même résultat. Chacun fait ses photos soi-même, c'est un grand chamboulement. Mais pour moi, cela ne change rien. Quant au flash, je ne l'utilise pas non plus. C'est aussi une lumière qui change la lumière existante. La photo est une question de lumière. Et il gêne. Si vous photographiez un mariage avec cinq photos au flash, vous dérangez tout le monde.
Il faut toujours rester discret?
Oui. La discrétion compte beaucoup pour moi. Cela vient du respect que j'ai pour les gens. Durant les spectacles, dans les coulisses, je prends mon petit Leica, qui n'a pas le miroir du reflex, mais un rideau. C'est un appareil très discret. En quarante ans, on évolue, heureusement, et j'ai pris du métier. Mais je suis toujours resté moi-même. Je le dois à mes parents, à l'éducation qu'ils m'ont donnée. Ils m'ont beaucoup entouré et aimé.
Biographie express
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Une exposition rétrospective: Martigny, Médiathèque, av. de la Gare 15, jusqu'au 5 novembre. Visite guidée avec le photographe, le 5 novembre à 17h30. Catalogue: «Marcel Imsand», avec les 200 photos exposées, à la Médiathèque.
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Deux livres: «Barbara, la chanteuse et le photographe», Ed. Autrement, 2007
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«Béjart secret», Ed. Favre, 2007 (à paraître en novembre).
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Des appareils: A commencé à photographier à l'âge de 16 ans, avec un Kodak Baby. Utilise depuis 1964 un appareil Leica. «Ce sont des appareils de grande qualité, silencieux et agréables.»
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