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Dossier
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Comment mieux vivre un deuil |
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| 26-10-2007 | |||
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La perte d'un être cher ébranle tous les repères. Des spécialistes proposent des pistes pour traverser une telle épreuve
La cérémonie du service funèbre ne suffit pas à faire son deuil. Quelques jours après avoir été au centre de toutes les attentions, l'endeuillé se retrouve seul, les amis sont passés à autre chose. C'est le constat qui a poussé deux diacres, Nathalie Kraehenbuehl et Corine Richard, a mettre sur pieds des groupes d'accompagnement pour endeuillés.
Dans un cercle intime de six à douze personnes, l'endeuillé peut confier
son histoire à des oreilles nouvelles. Dix rencontres, conduites par
deux animateurs, permettent de parler du défunt, d'échanger sur les
émotions, la tristesse, la culpabilité, comme sur l'importance de
prendre soin de soi.
«Notre souci est d'accueillir l'entier de la personne», précise la
diacre. Ainsi, le doute et la colère «contre ce Dieu qui a pris mon mari
ou qui a laissé mon enfant mourir» sont pris en compte. «Il est bon de
se souvenir de Job qui se plaint contre Dieu.»
En outre, la vie en groupe, avec ses petits moments de simplicité, aide à
revenir dans la vie. «Vous m'avez ressuscité», a confié une
participante à son groupe. La démarche souligne l'essentiel: ne pas se
recroqueviller dans son cocon, mais trouver des lieux pour partager.
Lytta Basset: «Sans les autres, je n'aurais pas survécu»
Ce n'est pas un ouvrage théorique sur le deuil que Lytta Basset sort aux Editions Albin Michel. «Ce lien qui ne meurt jamais» est un témoignage. Celui d'une mère qui a été meurtrie par le suicide de son fils, Samuel, survenu le 7 mai 2001.
«Je n'ai pas écrit pour me guérir moi-même, nous confie la doyenne de la Faculté de théologie de Neuchâtel. Je l'ai fait lorsque j'ai été vraiment apaisée, quand j'étais capable de dire: voici ce qui m'a aidé. Ma motivation tient en quatre mots: pour aider les autres.»
Jamais elle n'avait rédigé ainsi. «Mes autres ouvrages étaient structurés à l'avance. Le mot d'ordre de cette démarche a été: laisse-toi faire.» Elle nous confie: «Si l'éditeur avait émis la moindre réserve à la lecture de mon manuscrit, je l'aurais rangé dans un tiroir pour les vingt prochaines années.» Son récit s'inspire de notes prises dans un journal intime dès les premières semaines du malheur, récit qu'elle enrichit de ses réflexions. La théologienne vérifie alors sa thèse de toujours: «Quand je suis authentiquement moi-même, je rejoins l'universel. Le chemin vers la vie est universel.» Elle ajoute: «Pâques ne devrait jamais être transmis autrement que par le témoignage, comme Marie au tombeau.»
Le succès en librairie est imposant. Déjà 23 000 exemplaires vendus en quelques mois. Il faut dire que la célèbre théologienne n'a pas eu peur de raconter son abattement ni son incapacité à prier au plus fort de la souffrance. «La mort d'un proche est comme une explosion atomique, se souvient-elle. La question n'est alors plus d'avoir la foi, mais de survivre. Pendant longtemps, je n'ai pas vu comment je pouvais m'en remettre.»
Sa survie, elle la doit à la confiance qu'elle place en autrui. «J'ai continué à me rendre aux offices, alors que je n'arrivais plus à prier. J'étais morte vivante, mais mes compagnons de prière me parlaient comme si j'étais encore là. Le Vivant ne me venait plus que par cette horizontalité. Si j'avais dû rester seule dans le silence monacal d'une cellule, je n'aurais pas survécu.» L'apaisement, Lytta Basset le trouve lorsqu'elle acquiert la conviction que son fils est vivant et accueilli par le Christ. Ensuite, l'ouvrage ébranle ce que prêche l'Eglise sur la mort: la mère de Samuel est capable d'entendre son fils. «Il m'a demandé d'écrire ce livre.»
La théologienne intègre dans sa foi ce qu'elle qualifie d'expérience, en proposant des interprétations bibliques qui ne convaincront pas tout le monde. «J'entends ces textes me parler d'une manière toute neuve», précise-t-elle.
«Offrir une présence et une écoute» Rosette Poletti, psychothérapeute et présidente de l'association Vivre son deuil Suisse, invite à accueillir et exprimer ses émotions
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