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Les couleurs de l’amour Version imprimable Suggérer par mail
26-10-2007

La magie du verre selon Marc Chagall est à l’honneur au Vitromusée de Romont

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Vitrail d’étude pour un détail de «La tribu de Joseph», pour la synagogue de l’hôpital Hadassah à Jérusalem. 1960, collection particulière. 

Photo : Gérard Blot, RMN, Paris 


Le vitrail «élève et exalte l’âme, disait Chagall. Lire la Bible, c’est percevoir une certaine lumière et le vitrail doit rendre cela évident par sa simplicité et sa grâce.» Le Vitromusée de Romont présente jusqu’au 18 novembre une centaine d’esquisses et de travaux préparatoires des verrières de l’artiste qui ornent les sanctuaires sacrés ou profanes, à Metz, Reims, Nice, New York, Chicago ou Zurich.

Le musée expose aussi quatre vitraux d’étude de la synagogue de l’hôpital Hadassah à Jérusalem et un petit vitrail rouge vif jamais montré au public – à admirer de près pour saisir toute la compréhension du verre par l’artiste.

Le visiteur découvre le processus de création de Chagall, à la fois spontané et incroyablement riche. Dans ses esquisses, le maître affectionne les collages de bouts de carton ou de tissus colorés. En clignant des yeux, le visiteur peut observer comment une tache de couleur, qui semblait hasardeuse au départ, se retrouve avec tout son sens dans la maquette finale.

Fraîcheur du trait 

La différence de taille entre les verrières et ces travaux est frappante. La maquette de «La tribu de Joseph» (ci-contre) ne dépasse pas 41 cm, pour un vitrail de près de 4 mètre. Chagall a renoncé au carton, dessin au format original, rompant ici avec la méthode traditionnelle du vitrail. Son esquisse est photographiquement agrandie, ce qui permet de préserver la fraîcheur du trait. Ainsi, elle se laisse admirer de loin, avant d’attirer le regard vers les détails dont Chagall raffole.

Autre caractéristique, l’artiste ne pose aucune indication de structure de plomb, la trame des morceaux de verre. Cette tâche est laissée aux qualités exceptionnelles de ses amis maîtres verriers, qui ont su adapter leur pratique à l’artiste, comme un violoniste interprète Mozart.

La lumière particulière qui émane de la verrière doit alors beaucoup à la technique du «verre doublé» – le souffleur de verre crée des couches colorées qui peuvent ensuite être atténuées à l’acide – et à la grisaille ajoutée par Chagall.

Cette peinture appliquée lors d’un premier montage est la «peau du vitrail», disait un des verriers: «Moi je lui donne le squelette, avec tout ce qu’il faut pour que le squelette supporte tout l’organisme du vitrail, mais c’est Chagall qui donne la vie.»

L’artiste à la spiritualité biblique imprégnée de judaïsme s’est mis sur le tard aux vitraux. Il n’achève qu’à 69 ans son premier vitrail, pour la petite chapelle du Plateau d’Assy. Autant dire qu’il a bien fait!

  •   G.D.

A voir

  • «La couleur de l’Amour», au Vitromusée à Romont, jusqu’au 18 novembre, 10h-13h et 14h-18h, tous les jours sauf lundi.
  • Des démonstrations, des ateliers pour les enfants. Infos: www.vitromusee.ch
  • Visiter aussi: «Entre Ciel et Terre», peintures de Chagall à la Fondation Gianadda à Martigny, jusqu’au 19 novembre. www.gianadda.ch