Menu Contenu
Cedres_Formation_bouton

Publicité

Soutenez votre Eglise
E-mail
Cinéma
«De l’autre côté», le prix du Jury œcuménique Version imprimable Suggérer par mail
26-10-2007

La présidente du Jury œcuménique de Cannes présente le lauréat du dernier Festival. Bientôt en Suisse romande 

bn1007_cinema

Une étoile montante du cinéma turc. 

Photo : cineworx 

 

Né à Hambourg de parents turcs, le jeune cinéaste Fatih Akin est devenu une tête de pont entre l'Europe et l'Asie. Prix du Jury œcuménique 2007 à Cannes, son dernier film, «De l'autre côté», est placé sous le signe du voyage, géographique, culturel et spirituel: passage de l'autre côté du miroir, traversée au-delà des barrières, ouverture au monde, aux autres et à soi-même.

On se laisse prendre par un scénario subtil et haletant. Dans une Allemagne et une Turquie traversées par les contradictions de ce début de siècle, six personnages aux destins croisés se frôlent, s'aiment, se disputent, se rencontrent, se manquent: les rendez-vous prévisibles ne se produisent pas forcément et, là où on ne les attend pas, de vraies rencontres surviennent.

Seule demeure la nécessité de chercher à comprendre l'autre, de faire un pas en avant, de continuer malgré la douleur et les larmes (bouleversante Hanna Schygulla dans son rôle de mère!), de jeter sans cesse des ponts entre pays, cultures, langues, milieux sociaux, religions, sexes, générations.

Discrètement posée comme une condition nécessaire pour rendre possibles l'ouverture et la compréhension, il y a une exigence fondamentale: la culture et la connaissance constituent des droits fondamentaux. Pour illustrer ce postulat, le film est accompagné en contrepoint par un livre clé, «La fille du forgeron», de Selim Ozdogan.

Film riche, complexe et dense, bouleversant et pudique, «De l'autre côté» présente les rencontres entre les personnages comme autant de voyages intérieurs, de passages ouverts et de signes d'espérance: au-delà du sacrifice, des larmes et de la mort, il y a place pour l'amour, l'amitié, la sérénité et la réconciliation.

Ce film bouscule les préjugés, les certitudes et les idées toute faites sur l'autre, l'étranger. Il rappelle l'ouverture et la tolérance comme conditions de vie et de vérité. Et si, à chercher l'autre, à risquer le passage «de l'autre côté», on finissait par se trouver soi-même?

  • Anne-Béatrice Schwab, présidente du Jury œcuménique à Cannes