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La colère de Céleste
Retenez-moi ou sinon... Version imprimable Suggérer par mail
26-10-2007

Nulle colère de ma part, pour une fois, mais un soulagement. Celui que je viens d'avoir en suivant l'actualité internationale et ses récents échanges de mots entre les Etats-Unis, la Turquie, la Russie, l'Iran, la Chine, etc. Rien ne me semble plus rassurant, en effet, que de voir des chefs d'Etat s'injurier comme des chiffonniers.

Les grands de ce monde, aujourd'hui, s'invectivent volontiers. Paroles destinées à impressionner la galerie, donc sans importance. Autrefois, ceux qui dirigeaient les nations mesuraient leurs propos et ne proféraient pas de menaces en vain. Il était alors vivement déconseillé de traiter de fou Napoléon ou un quelconque puissant.

Mais on a changé de millénaire et, à présent, il est permis d'insulter M. Poutine ou M. Bush. On aurait même tort de s'en priver, puisque ça ne tire pas à conséquence.

C'est que la plupart des Etats, entre-temps, ont eu la sagesse de mettre leur fierté dans la poche. Et quand ils élèvent la voix ou menacent, ne pas s'en inquiéter outre mesure. Ce sont les fanfaronnades du gars un peu éméché qui crie à la sortie d'un bar: «Retenez-moi, ou je fais un malheur!» C'est cet air-là que jouent les maîtres de la planète.

Certes, parfois, le malheur se produit et une guerre éclate ici ou là. Mais, dans l'ensemble et contrairement à ce qu'en dit le journal télévisé, le monde se déchire moins que du temps où ses maîtres ne jetaient pas des paroles en l'air. On vit davantage en paix en 2007 qu'en 1707 ou en 1807. D'où, ce mois, mon absence de colère. De temps en temps, il faut savoir reconnaître que l'humanité a fait quelques pas.

  •   Céleste