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Les Eglises protestantes se positionnent face au suicide assisté Version imprimable Suggérer par mail
27-11-2007
La Fédération des Eglises protestante de Suisse (FEPS) a publié la semaine dernière une prise de position sur le débat autour de l'euthanasie. Elle demande un droit juridique aux soins palliatifs et se prononce contre un droit juridique au suicide assisté.


La FEPS voit la solution au problème du suicide assisté dans les soins palliatifs. Elle a demandé à élargir la pratique de tels soins, dans une brochure de 43 pages intitulée «Vivre la mort: un regard protestant sur les décisions de fin de vie».

«La pratique montre qu'avec un accompagnement humain et médical soigné, il est possible d'aider beaucoup de personnes mourantes à perdre leur peur devant la mort, déclare la FEPS dans son communiqué. Un bon accompagnement palliatif permet souvent d'ôter le désir du suicide.»

La FEPS ne condamne toutefois pas le suicide: «Si une personne ne voit pas d'autre solution face à la maladie et au désespoir, ce n'est pas à nous de porter un jugement moral sur elle.»

Certes, en considérant la vie comme un cadeau de Dieu, «il n'y a pas de justification humaine pour mettre un terme à sa propre vie», mais «personne ne peut exiger de quelqu'un d'autre qu'il conçoive sa propre vie comme don de Dieu», précise la prise de position.

Accompagnement autorisé

La FEPS ne voit pas d'opposition à offrir une cure d'âme à une personne qui a décidé de recourir au suicide assisté. «Accompagner quelqu'un ne signifie pas que l'on épouse son action», souligne la prise de position. Il s'agit «de respecter la décision autonome d'une personne, et, à sa demande, de l'accompagner sur le chemin de sa vie».

La position de la FEPS se base sur «trois aspects centraux»: «la protection de la vie voulue par Dieu, l'assistance du prochain, et le droit de chacun à l'autodétermination». Aucun de ces aspects n'est érigé «en principe absolu au détriment d'un autre», il n'existe pas de «règles universelles valables pour toutes les situations».

La FEPS s'oppose enfin à l'inscription dans la loi d'un droit au suicide assisté, dont elle souligne les conséquences éthiques qui en découleraient. Elle demande en outre «une législation claire» de la pratique de l'assistance au suicide «afin de garantir que les personnes désireuses de mourir soient traitées de façon digne et responsable dans notre société».

  • bn

Télécharger la prise de position complète sur www.feps.ch