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Etats-Unis: richissimes télévangélistes sous la loupe de la Commission des finances Version imprimable Suggérer par mail
29-11-2007
Plusieurs richissimes télévangélistes américains sont sous la loupe de la Commission des finances du Sénat à Washington. Une enquête a été lancée pour examiner les comptes de six influents prédicateurs évangéliques: Kenneth Copeland, Benny Hinn, Joyce Meyer, Creflo Dollar, Paula White et l'évêque Eddie Long.


Des plaintes sont venues du public concernant les salaires de magnats que ces pasteurs s'octroient, leur résidence luxueuse, l'usage d'avions privés et de Rolls Royce. Ils appartiennent tous à une faction évangélique charismatique se réclamant de «l'Evangile de la prospérité».

Kenneth Copeland et sa femme Gloria, par exemple, sont à la tête d'un empire multimillionnaire, «Kenneth Copeland ministries», avec de nombreux médias, allant de la télévision aux magazines en passant par internet. Il diffuse chaque jour l'émission «Believers Voice of Victory». Copeland possède trois avions et son Eglise en a d'autres.

Ce mois-ci, le sénateur de l'Iowa Charles Grassley, une personnalité républicaine de premier plan au sein de la Commission des finances du Sénat, a annoncé le lancement d'une enquête sur ces prédicateurs.

Grassley les a enjoint de donner des détails sur leurs achats, les cadeaux qu'ils ont reçus et les «love offerings», les «offrandes d'amour» venant de leurs fidèles. Il exige une réponse pour le 6 décembre afin de lancer une investigation sur une éventuelle gestion financière frauduleuse.

Eglises soumises aux lois fiscales

Charles Grassley a déclaré ne pas s'attaquer à la religion. «Les Eglises ne sont en rien différentes de n'importe quelle autre organisation sans but lucratif et elles doivent se soumettre aux mêmes lois fiscales.»

La théologie de «l'Evangile de la prospérité» est basée sur une interprétation de passages bibliques suggérant que Dieu pourvoira les croyants de biens matériels. Or après avoir donné jusqu'à leur dernier dollar à ces télévangélistes, des personnes se retrouvent sans domicile, selon la Trinity Foundation qui fournit des informations sur la corruption des milieux du télévangélisme.

Les télévangélistes visés accusent le gouvernement de «persécution religieuse», et affirment que personne n'a le droit de questionner sur «ce qu'ils font au nom de Dieu». «En raison de leur célébrité et de leur argent, ils commencent à croire qu'ils sont des êtres particuliers, comme s'ils avaient une discussion personnelle avec Dieu 8 à 10 heures par jour», relève Ole Anthony, président de la fondation.

A une année des élections présidentielles américaines, alors que plus d'un candidat aime à apparaître en compagnie de télévangélistes influents, l'aura de cette «droite chrétienne» est en train de diminuer.

  • apic