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Avec les laissés-pour- compte des lois sur l’asile Version imprimable Suggérer par mail
30-11-2007

Les Eglises mesurent déjà sur le terrain les conséquences de l'entrée en vigueur des nouvelles règles fédérales.

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Les déboutés quittent leur appartement pour une pièce de ce type, ici au centre pour célibataires de Vennes à Lausanne.

Photo : bn 

 

Plus de 800 personnes contraintes d'évacuer leur appartement, de liquider leurs biens et de rejoindre des centres d'aide d'urgence avec le strict minimum. Tel est le résultat, dans le canton, de l'entrée en vigueur au 1er janvier 2008 des nouvelles lois sur l'asile. Les déboutés n'ont désormais plus droit ni à l'aide sociale ni à gagner leur vie. L'aide restrictive d'urgence leur est accordée jusqu'à leur départ.

Le premier déménagement a eu lieu le 16 novembre au Centre du Simplon à Lausanne. Un bras de fer s'est engagé, car une mère «tenait à prendre deux petits meubles avec les affaires de son enfant, des jouets, une télé», raconte Pierrette Iselin, une bénévole. La consigne l'interdisait. Les affaires ont finalement passé, mais pas les meubles qui ont fini déchiquetés dans une benne.

La bénévole s'offusque: «J'ai surpris des mots échangés par les gardiens du foyer et le personnel: ‹Pour les suivants, il s'agira d'être strict: des habits et un matelas, c'est tout.›»

Brigitte Zilocchi, aumônier protestant des réfugiés, est déjà débordée d'appels à l'aide. «Cette réalité attendue était tellement impensable que les concernés l'ont occultée jusqu'au bout, confie-t-elle. Maintenant, ils ont reçu leur lettre de transfert, cela devient concret. Je peux vous dire qu'ils ne vont pas bien.»

Devant l'ampleur du choc, protestants et catholiques offrent leur aide. Peu de chose: une liste d'une dizaine de pasteurs et diacres prêts à écouter. «Nous ne pouvons plus changer la loi, mais faire un accompagnement de deuil», explique Brigitte Zilocchi. Peur des sanctions, comme certains le craignaient lors des votations? «Je n'ai pas le droit d'inciter au séjour illégal en Suisse ou de loger un débouté, mais je peux donner à manger et un habit à une personne en détresse», assure l'aumônier.

Quitter le pays

Qu'est-ce que l'aide d'urgence? Il s'agit de ce qui reste à un débouté jusqu'à son départ. Concrètement, les familles sont logées, à quatre par pièce, dans des foyers à Lausanne, à Bex et à Leysin. Elles reçoivent 9 fr. 50 par jour et par personne. Les célibataires sont transférés dans d'autres centres, à Vennes et à Vevey. Ils reçoivent repas et bons «pour des articles d'hygiène», pas d'argent. La liberté dans les centres, qui sont gardés, est restreinte.