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Avec les laissés-pour- compte des lois sur l’asile Version imprimable Suggérer par mail
30-11-2007
 

Seules les familles sont encore affiliées à une assurance maladie. Pour les autres, les ennuis de santé se règlent aux urgences. «Pour un problème de dent, ils se rendent à la clinique dentaire qui l'arrache, faute de moyens pour d'autres soins», observe l'aumônier. L'ultime papier du débouté est une lettre précisant son illégalité en Suisse et l'ordre de partir. Dès qu'il se balade en ville, il peut être arrêté et amendé - n'ayant d'argent, il risque la prison.

Les mesures visent bien sûr à accélérer les départs. Pas si simple pourtant, sait déjà Brigitte Zilocchi: «Par peur, les ressortissants de certains pays, comme le Togo, ne vont pas rentrer. Ils craignent d'y être emprisonnés pour avoir fui et donc trahi leur pays. D'autres Etats, comme l'Ethiopie, l'Erythrée ou la Somalie, réexpédient aussitôt en Suisse les déboutés renvoyés de force.»

Autre problème: les apatrides. «Des millions de personnes dans le monde n'ont jamais été inscrits dans un registre de naissance, rappelle l'aumônier. Si elles ne peuvent fournir les preuves de leur origine, la Suisse inscrit sur un formulaire ‹provenance inconnue›. A partir de là, aucun pays ne les veut, ils n'ont pas le droit de rester et nulle part où aller!»

Brigitte Zilocchi craint une augmentation des candidats à la clandestinité. Sauf qu'au 1er janvier entre aussi en vigueur la loi sur le travail au noir, avec son lot de sanctions plus sévères pour les employeurs. «Les conditions de ceux qui disparaîtront dans la nature seront misérables, prévoit Brigitte Zilocchi. Comment vont faire les familles? Je suis inquiète de la détresse psychique de ces gens. Dans la pyramide des besoins élémentaires, ils sont tout en bas, sans perspective de remonter. J'accepte qu'il y ait des lois, mais pas qu'on joue avec des êtres humains.»

  • G.D.

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