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Dossier
40 000 pèlerins débarquent Version imprimable Suggérer par mail
30-11-2007
 
Un lieu où retrouver Dieu

La communauté de Taizé en Bourgogne accueille 100 000 visiteurs par année. Reportage. 

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Jeunes pèlerins devant l'église de la Réconciliation à Taizé en Bourgogne.

Photo : Echo magazine 

 

Incroyable Taizé! Depuis un demi-siècle, cette communauté vivante, véritable «ville sur la montagne», attire la jeunesse du monde entier. Au rythme de 100 000 visiteurs par année, plusieurs millions de personnes de tous âges mais surtout des jeunes se sont arrêtées un jour, une semaine ou plus, au sommet de la colline où Frère Roger s'est fixé en pleine guerre.

Ce sont aujourd'hui les petits-enfants des premiers visiteurs des années 1957-1958, qui affluent vers la communauté, aussi «nouvelle» de nos jours qu'à ses débuts. Des jeunes avec iPod et téléphones portables, tellement différents de leurs grands-parents!

Retour au mois d'août dernier. Le soleil se couche au pied de la colline, où règne une atmosphère joyeuse, faite de cris et de rires. 3200 jeunes souriants et désinvoltes sont dispersés par groupes, sur les chemins et les champs. Sur le portique, les cloches sonnent. C'est l'heure de la prière du soir. On remonte l'allée caillouteuse, devant les «cuisines» où l'équipe de service, la vaisselle faite, joue au tam-tam avec les bassines.

On entre dans le grand bâtiment bas coiffé de ces bulbes curieux qui lui donnent comme un air d'Orient. L'église de la Réconciliation, le cœur de la communauté, où se retrouvent trois fois par jour la centaine de frères pour la prière. Avec autour d'eux, ces milliers de jeunes pèlerins à la recherche de paix et de justice. Ils viennent s'abreuver à la source vive, apparemment intarissable.

Un air de Bach traverse la pénombre. On entre de tous côtés, on se fraie un passage parmi les corps assis par terre. Les silhouettes blanches des frères sont arrivées aussi, dans la longue allée centrale. Les cloches, la musique, les rires, tout s'est arrêté. Le silence concentre l'attention. Au fond, lumignons et tentures orangées tapissent le chœur. Un frère entonne le premier chant, aussitôt repris par trois mille voix jeunes, puissantes, fortes...

Des regards lumineux

«Ce que je trouve ici? Une respiration!» La réponse fuse, sans hésitation. Christelle, étudiante binoclarde de 23 ans, est à Taizé pour la sixième fois, pour quinze jours. Elle reçoit les visiteurs à l'accueil, nettoyait les toilettes la semaine passée. Au gré des rencontres, tout au long de ce vendredi ensoleillé, les jeunes disent le pourquoi de leur présence sur la colline.

Ainsi Maude, 22 ans, de Salon-de-Provence, qui se roule une cigarette: «C'est ma première fois à Taizé. Je suis venue pour essayer de retrouver Dieu.» Et ça marche? Ses yeux s'illuminent: «Oh oui, très, très bien!» La spontanéité de ses réponses et son regard confiant parlent plus que ses mots. «Ce que je préfère ici, dit-elle, ce sont les prières. Ces chants tous ensemble sont très prenants, c'est très beau. Je sens que Dieu est là. Je sens sa miséricorde.» 

  • Alain Dupraz, «Echo magazine»

La pierre d'angle


La Communauté œcuménique des frères de Taizé a été fondée en 1940 par Roger Schutz, protestant vaudois. Son idée? «Ouvrir des chemins pour guérir les déchirures entre chrétiens et, à travers une réconciliation des chrétiens, pour surmonter certains conflits de l'humanité.» Les frères de Taizé, une centaine, sont des chrétiens de différentes confessions qui consacrent leur vie à ce but. Frère Roger est décédé en août 2005, tué durant la prière par une déséquilibrée. Il repose dans le cimetière du village.


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