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La colère de Céleste
Ne pas se tromper de rôle Version imprimable Suggérer par mail
30-11-2007

Les gens brillants devraient éviter de parler de politique. C'est ce que je me suis dit en sortant - très vite - de «Lions et agneaux», le nouveau film de Robert Redford.

Ce magnifique cinéaste, lui! Touché par la grâce, n'a-t-il pas réalisé des merveilles comme «Et au milieu coule une rivière» ou «L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux»?

Et maintenant, ça: une superproduction bavarde, démonstrative, sur fond de lutte américaine contre le terrorisme et de cuisine politique anti-Bush. Bref, le genre de film aussi gai qu'un sommaire de journal télévisé.

Sans doute avez-vous déjà vécu cela dans la vie. Vous connaissez quelqu'un qui est à la fois cultivé, fin, profond, talentueux et spirituel. Mais, soudain, ce grand esprit s'avise d'exposer ses idées politiques. Patatras! En un éclair, voilà que cet être d'habitude si exquis se met à radoter. Devient lourd, moralisateur, assommant, au point qu'on ne reconnaît plus la personne qui nous enchantait cinq minutes auparavant.

Pourquoi les gens brillants, en particulier les artistes, nous ennuient-ils dès qu'ils expriment leurs opinions politiques? C'est parce que, animés par leur passion, ils se montrent esclaves de leur caractère, de leurs partis pris ou de la mode du moment.

Les seuls qui ne soient pas ridicules, en la matière, sont les politiques professionnels. Ils travaillent toujours dans l'intérêt de leur boutique, même lorsqu'ils disent les pires sottises ou les mensonges les plus grossiers. Sont dans leur rôle, autrement dit, même quand ils font du cinéma.  

  • Céleste