|
Page 2 sur 2
Une nativité bien différente
Le déplacement de Joseph et de sa famille de Nazareth vers Bethléem
«Dans le Protévangile de Jacques, texte du IIe siècle, il n'y a pas de déplacement de Nazareth à Bethléem, mais bien de Jérusalem à Bethléem - la distance est donc courte. Une chose est certaine: Jésus est de Nazareth, il est d'origine galiléenne. La naissance à Bethléem est à comprendre comme une manière d'affirmer la conviction que Jésus est le Messie, puisqu'il naît dans la ville de David. Ce type de récit rapproche les événements de la vie de Jésus des prophéties de l'Ancien Testament. Les auteurs chrétiens ont reconnu dans la vie de Jésus l'accomplissement des Ecritures.»
Et les bergers?
«Les bergers sont dans Luc, pas dans Matthieu. Chose étonnante, dans le Protévangile de Jacques, le plus ancien texte qui combine les deux récits canoniques, on trouve l'annonciation et la visite à Elisabeth, l'apparition de l'ange à Joseph, les mages, mais pas l'épisode des bergers. Pourquoi ce silence? Les bergers soulignent la pauvreté de cette naissance. Or le Protévangile de Jacques a été écrit pour répondre à des accusations de milieux juifs qui niaient la naissance virginale de Jésus et affirmaient que Marie était une femme pauvre, une fileuse, qui avait eu une relation adultère avec un soldat. Le Protévangile la présente au contraire comme la fille d'un couple respectable et riche, préservée de toute impureté dès sa naissance. Une fois confiée à la garde de Joseph, sa tâche sera de tisser le voile du Temple. Une noble activité.»
Des mages vraiment rois?
«Les mages, présents chez Matthieu, mais pas chez Luc, ne sont devenus rois que tardivement. Dans le texte, il est question de savants versés dans l'observation des astres. Un texte apocryphe peu connu les présente comme un groupe nombreux d'astrologues. Chez Matthieu, rien ne permet de dire qu'ils étaient trois, si ce n'est la déduction faite à partir des trois cadeaux, l'or, l'encens et la myrrhe.»
Une conférence
Lundi 10 décembre, 14h15, Yverdon, centre de rencontre «Aux Alizés», ruelle Vautier 5. Jean-Daniel Kaestli, professeur honoraire de théologie de l'Université de Lausanne: «Noël à la lumière des récits apocryphes».
<< Début < Précédente 1 2 Suivante > Fin >> |