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Actualité
Les orthodoxes craignent l’indépendance du Kosovo Version imprimable Suggérer par mail
11-01-2008

Les zones actuelles d'implantation de la population orthodoxe au Kosovo soulignent encore les enjeux fondamentaux du conflit. La majorité d'entre eux vit dans la partie nord de Mitrovica, la deuxième plus grande ville du Kosovo, et dans la zone qui s'étend de là vers la frontière avec la Serbie. Cette région, où l'on paie en dinars et où pratiquement aucun Albanais n'ose s'aventurer seul, constitue le poumon économique de la province. Elle regroupe la plupart des mines et des usines de traitement des matières premières. Pour la majorité albanaise, il est hors de question de la céder en échange de l'indépendance.

Protégés par l'armée 

Dans le reste du Kosovo, la population orthodoxe vit confinée dans des zones protégées par des soldats. La majorité des villages serbes s'étendent aux abords des nombreux monastères orthodoxes situés dans le sud du Kosovo, comme à Bansjka, Devic, Graçaniça ou Deçan. Ces véritables bijoux d'architecture médiévale ont parfois été pris pour cible par les troupes paramilitaires albanaises à la fin du conflit. Certains ont même été détruits pendant la guerre en 1999, ou pendant les émeutes de mars 2004 qui ont opposé une fois de plus Serbes et Albanais.

Les autorités religieuses de Belgrade considèrent ces monuments comme la base de l'identité orthodoxe des Balkans. Nourrie et fondée par ce passé, l'Eglise vivrait l'indépendance comme la perte inconcevable de ses racines historiques.

Dans ces conditions, pratiquer sa religion au Kosovo, pour les chrétiens orthodoxes, représente aussi une affirmation politique, qu'ils le veuillent ou non. A l'heure actuelle, tous les villages serbes sont encore protégés par les soldats de la force armée multinationale de l'OTAN dans la province (KFOR) et les incidents restent rares. Mais qu'en sera-t-il à long terme dans un Kosovo indépendant, tant que les blessures, de part et d'autre, n'auront pas eu le temps de cicatriser?

  • Bertrand Cottet, de retour du Kosovo

Des catholiques au Kosovo inspirés de Mère Teresa


Minoritaires comparés aux musulmans et même aux orthodoxes, les quelques dizaines de milliers de catholiques du Kosovo jouent pourtant un rôle non négligeable. N'étant pas directement impliqués dans le conflit entre Serbes et Albanais, ils ont souvent assumé une fonction de modérateur et apporté leur soutien à la population, toutes religions confondues.

Il faut dire qu'une femme extraordinaire les inspire, Mère Teresa, la bienfaitrice de Calcutta. Née à Skopje à une époque où la frontière entre le Kosovo et la Macédoine n'existait pas, son nom est associé à la plus grande organisation non gouvernementale kosovare, l'Association Mère Teresa. Fondée en 1992, elle apporte toujours son soutien aux plus nécessiteux grâce à un réseau qui s'étend à la Suisse et à toute l'Europe.

Quant à Ibrahim Rugova, l'ancien président décédé en 2006, il s'est toujours montré proche de la communauté catholique et du pape Jean-Paul II qu'il a rencontré à plusieurs reprises. Des bruits courent sur sa conversion au catholicisme... En tous les cas, c'est bien lui qui a posé la première pierre de la cathédrale de Pristina, dont les travaux ont débuté fin 2005.

  • B. C.