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Simplifiez-vous la vie! Version imprimable Suggérer par mail
11-01-2008

«La simplicité, un choix de vie»

Marcel Durrer, frère franciscain, explique ce que représente la simplicité pour François d'Assise

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Marcel Durrer: «Etre simple veut dire accepter l'autre.»

Photo : bn 


François d'Assise est souvent présenté comme un modèle de vie simple. Que représentait pour lui la simplicité?

Marcel Durrer: Pour lui, c'est la question du choix de sa vie. Au moment où se met en place le système économique que nous connaissons en Occident, François fait le choix d'aller vivre en dehors de la ville, avec les pauvres et les lépreux. A l'époque, on passe du système féodal au système des bourgeois. Lui-même est fils d'un bourgeois. Il reconnaît qu'il y a des valeurs valables dans la nouvelle façon de vivre mais aussi qu'elle produit des laissés-pour-compte. En quittant Assise, il choisit de vivre la condition des rejetés. En renonçant à la propriété et à l'usage de l'argent, il perd ses droits. Mais avec l'intention de pouvoir recevoir de l'autre, quel qu'il soit. D'où l'idée de fraternité universelle. François sera à l'aise avec les grands de ce monde, les clochards ou les lépreux. Etre simple veut dire accepter l'autre, ne pas faire de différence entre les personnes.

Lequel de ses enseignements nous aide-t-il à simplifier notre propre vie?
C'est une question de choix. Dans notre société où tout est accessible à ceux qui ont de l'argent, peut-on mettre en place une vraie économie de partage? C'est l'aspect matériel. Avoir un mode de vie simple qui ne s'encombre pas de choses et d'objets inutiles exige une autodiscipline. Un autre aspect, plus spirituel, et de se centrer sur l'essentiel, la relation à l'autre, les choses qui ne sont pas monnayables. Pour simplifier la vie, il faut passer du régime du contrat marchand - je vous donne un objet contre de l'argent - au contrat d'échange: j'offre à l'autre quelque chose, qui vaut peut-être peu en argent, mais qui est de l'ordre de la relation. Il faut approfondir le lien d'amitié avec l'autre, plutôt que d'accumuler des objets autour de soi en pensant que cela va combler notre manque. Recevoir de l'autre est une façon de définir l'amour.

La vie chrétienne est-elle une vie simple?
Elle nous centre sur l'essentiel, qui ne peut pas être purement matériel. Nous sommes dans le monde des choses. Mais que produit-on avec cela, dans l'échange? Les enfants le comprennent, qui font un dessin et le donnent à leur maman. L'effet importe davantage que la valeur marchande du cadeau. Avec quoi dois-je vivre autour de moi? Faut-il suivre la course en avant avec toujours de nouveaux objets? Et si nous nous limitions à ce dont nous avons besoin pour vivre et aux outils pour travailler? Le reste est-il nécessaire? Dans notre société, c'est une décision volontaire que ne pas entrer dans une course d'acquisitions effrénées.

Quel conseil donnez-vous à qui veut se simplifier la vie?
De regarder autour de soi. Dans quel environnement est-ce que je vis? Qui vit à côté de moi? Posez-vous la question: à quoi sert tout ce qui se trouve autour de moi? Est-ce que ces choses m'aident à entretenir un rapport simple avec l'autre, ou compliquent-elles les relations? Il faut s'interroger sur le statut de ce qui nous entoure: «Cela contribue-t-il à mon épanouissement et à celui de mon entourage ou est-ce du superflu?» Si c'est du superflu, le mieux est d'en faire quelque chose: le donner, le mettre dans le circuit, pour gagner de la relation.

  • V.Vt

A lire : Eloi Leclerc, «Sagesse d'un pauvre», Desclée de Brouwer