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«La nature est notre terrain de sport» Version imprimable Suggérer par mail
14-01-2008

Vous vivez plusieurs mois par année en Suède... sauf l'hiver. Qu'est-ce qui vous attire dans ce pays froid?
La Suède est la patrie de la course d'orientation. C'est magnifique de pratiquer ce sport là-bas, dans d'immenses forêts. L'exercice est plus difficile qu'en Suisse, car il y a moins de chemins. J'ai découvert ce pays grâce aux Mondiaux de 2004. Nous avions décidé, avec mon mari, d'aller nous entraîner six mois là-bas. Maintenant, nous y vivons chaque année. C'est comme une seconde patrie. En hiver, les journées sont courtes et il fait sombre. C'est alors mieux de s'entraîner en Suisse.

Vous êtes une amoureuse de la nature...
J'aime bien être dehors, au cœur de la nature. J'aime sentir le changement des saisons. Admirer le printemps quand les fleurs s'ouvrent, ou l'automne quand tout se meurt. Je le vis intensément. La nature est notre terrain de sport. Il faut en prendre soin pour en jouir à l'avenir.

Vous vous engagez dans une action écologique et humanitaire en Afrique, avec la Fondation Biovision. Pourquoi lui prêtez-vous votre nom?
Je trouve important que des gens connus fassent quelque chose pour les autres. Cela aide certains à agir à leur tour. J'ai choisi cette action parce que je suis biologiste de formation. En novembre dernier, j'ai fait un voyage au Kenya pour un projet. Une expérience captivante! J'espère faire bouger les choses.

Les habitants d'un village au Kenya vous ont baptisée Chepoghisio, ce qui signifie «la femme assidue au travail et toujours en mouvement». Cela vous correspond-il?
Oui, cela me va bien. Je travaille beaucoup et si je ne peux pas bouger pendant longtemps, je deviens un peu nerveuse. J'ai reçu ce nom durant une cérémonie traditionnelle, un beau moment.

Une cérémonie religieuse. Vous-même, croyez-vous en Dieu?
Oui, je crois en Dieu. Mais je ne suis pas religieuse au point d'aller tous les dimanches à l'église. Je suis croyante à ma manière. Je crois qu'un Dieu existe. Je trouve bien d'avoir quelqu'un vers qui se tourner. Cela nous accompagne toute notre vie. Je ne prie pas avant une compétition, mais je crois en quelque chose de plus haut, en une force qui peut m'aider dans les situations difficiles. Je suis protestante, mon mari est catholique. Pour moi, cela comptait de me marier à l'Eglise. 

J'ai appris la détermination.»

Quelles valeurs vous a fait découvrir votre parcours?
J'ai appris à prendre des décisions. Dans la course d'orientation, une fois arrivé à un poste, il faut choisir comment atteindre le suivant: entre la pente plus accidentée ou la distance plus longue. C'est une école de vie, car à tout moment il faut décider où aller. Le sport m'a aussi appris la discipline. J'ai commencé mes entraînements à côté de l'école. Cela exigeait un planning serré. D'abord m'entraîner, puis faire mes devoirs. Je devais être efficace. J'ai enfin appris la détermination. Je pousse l'effort jusqu'au but. C'est utile chaque jour.

Savoir choisir sa voie sur une carte aide-t-il à choisir le bon chemin dans la vie?
Oui, on peut voir cela symboliquement. Nous avons plusieurs itinéraires pour atteindre nos buts. Il faut peser le pour et le contre. J'ai pu exercer cela avec la course. Ce n'est bien sûr pas simple. Je me trompe aussi. Mais c'est un processus. Nous apprenons de nos erreurs.

  • G.D.

Biographie express

  • Un palmarès: Sportive suisse pour la 3e fois en 2007; 14 fois championne du monde (en 2007 à Kiev).
  • Mariée à Matthias Niggli
  • Une action: ambassadrice de Biovision, en faveur du développement durable. www.biovision.ch
  • Un site: www.simoneniggli.ch