| Kenya: une délégation œcuménique auprès des dirigeants politiques pour demander la paix |
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| 08-02-2008 | |
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Alors qu'une médiation cherche à résoudre le problème de l'élection présidentielle controversée au Kenya, des personnalités de haut niveau des deux partis ont rencontré une délégation œcuménique internationale, qui les a encouragé à rechercher une solution de compromis. Les représentants d'Eglises, envoyés au nombre de sept par le Conseil œcuménique des Eglises dans le cadre d'une initiative de solidarité avec des Eglises confrontées à des situations de violence, ont visité le Kenya au début du mois. Le groupe de visiteurs a rencontré MKalonzo Musyoka, vice-président du pays et Raila Odinga, chef du Mouvement démocratique orange et candidat à la présidence. «Les Kenyans aimeraient voir leurs dirigeants politiques affirmer la paix et régler leur différend, il faut trouver un compromis politique»: tel est le message du chanoine Peter Karanja, secrétaire général du Conseil national des Eglises du Kenya. «Il est vrai qu'il ne peut pas y avoir de paix sans justice, mais il n'est pas moins vrai qu'il ne peut y avoir de justice sans paix», a affirmé le pasteur Clifton Kirkpatrick, président de l'Alliance réformée mondiale, qui était à la tête de la délégation. Chaque parti a présenté des arguments en faveur de sa victoire lors de l'élection présidentielle le 27 décembre dernier. «Nous ne sommes pas venus pour juger des résultats du vote», a dit le pasteur Kirkpatrick. «Ce qui est essentiel aujourd'hui, c'est de distinguer entre les questions concernant la vie et la dignité des personnes et celles concernant la recherche de la justice politique», a ajouté le chanoine Karanja. «Un grand nombre de femmes et d'enfants sont parmi les personnes les plus touchées par la violence», a déclaré Nyaradzai Gumbonzvanda, secrétaire générale de l'Alliance mondiale des Unions chrétiennes féminines. Rôle des EglisesLes membres de la délégation ont plaidé en faveur de la participation des Eglises du Kenya à la médiation. Les partis ont réagi en exprimant leur déception concernant le rôle des Eglises pendant la campagne électorale, qui ont pris «des positions partisanes». Le chanoine Karanja a toutefois relevé qu'après les élections, les Eglises «ont assumé leurs responsabilités» et «présenté un front uni face à la crise, en lançant un appel à la paix et à la réconciliation.» La délégation œcuménique a aussi entendu les griefs, profondément ancrés dans l'histoire, qui sont à la racine des troubles actuels. Il s'agit entre autres d'inégalités dans la répartition des terres et dans l'accès aux ressources et aux chances offertes par l'Etat, ainsi que les privilèges tribaux, réels ou perçus comme tels. «Le Kenya ne pourra jamais jouir d'une paix durable si l'on ne se préoccupe pas de ces questions fondamentales», a déclaré le chanoine Karanja, «mais on ne peut pas le faire en période électorale». Des violences ont éclaté au Kenya entre groupes ethniques à la suite de l'annonce de la victoire électorale de Kibaki, contestée par le Parti démocratique orange. Plus de 800 personnes ont été tuées et plusieurs centaines de milliers ont fui leur domicile et trouvé refuge dans des camps improvisés.
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