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Les voyages 2012 de bonne nouvelle
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«Le côté libérateur de la prière» Version imprimable Suggérer par mail
21-02-2008
 

Vous avez dit un jour que vous n'aimiez pas parler de votre foi. Avez-vous une relation apaisée avec votre religion?
Oui. Pourquoi je n'aime pas parler de la foi? Premièrement, parce que c'est intime et que les mots sont connotés et finissent par être défigurés. De plus, j'ai lutté pour ne pas être réduit à la personne handicapée qui témoigne. On a tellement tendance à poser des étiquettes sur les gens: dire que je suis croyant pouvait me couper des personnes non croyantes. Aujourd'hui, la bonne nouvelle, c'est que je trouve un discours sur l'homme, notamment chez saint Ignace, qui est vrai même pour un incroyant. La religion comme une aspiration au bonheur, et comme dévoilement d'une certaine ascèse pour y parvenir: savoir bien discerner le sens de sa vie. Je crois bon de réhabiliter ce trésor. J'ai suivi une retraite et j'ai pu expérimenter dans ma chair le côté libérateur de la prière. Faire ces exercices sous le regard de Dieu, c'est éminemment libérateur. Je crois bon d'associer la foi à la liberté. On ne le fait pas assez.

Nous arrivons à Pâques, fête de la résurrection. Comment la comprenez-vous, vous le philosophe?
C'est un acte de foi. Cela nécessite un saut. La foi touche aussi l'affectivité, c'est une relation de confiance qui a ses moments de plénitude comme ses instants de désert. Qui peut se targuer de comprendre totalement ce mystère? La résurrection, je la vois aussi dans le fait d'assumer nos faiblesses, de ne pas nous laisser écraser par les échecs. C'est une invitation à nous libérer de tout ce qui peut nous rabaisser, nous rendre esclave. Il ne s'agit pas d'attendre une vie dans l'au-delà mais d'essayer de suivre l'Evangile ici-bas.

Vous-même êtes entré dans une nouvelle vie, en fondant une famille. Qu'est-ce que cela vous apporte?
Justement, se sentir aimé inconditionnellement par ma femme et par mes enfants, et à mon tour vivre cet amour inconditionnel, essayer de le vivre, car il n'y a rien de stable. Se sentir regardé par des yeux bienveillants et aimants donne une confiance magnifique. En même temps, cela révèle aussi la fragilité de l'existence humaine. Comment assumer, dans la joie, la fragilité de l'existence?

Vous n'êtes pas seulement philosophe, mais aussi un people. Un nouveau métier?
Je le vis bien. J'en profite pour essayer de témoigner d'un état d'esprit, de transmettre des outils, au besoin de faire part de certaines indignations. Voir des dominicains travailler pour la vérité, cela m'a encouragé à me décentrer de moi-même pour essayer d'être le serviteur d'une idée: l'éloge de la faiblesse, la promotion de la joie, être un passeur d'idées. On dit que je cite beaucoup. Pour moi, c'est un compliment. Quand je lis quelque chose qui m'aide à vivre, j'ai à cœur de le transmettre tel quel, sans le déformer. Mon rôle de people m'aide à réaliser cela.

  • V.Vt

Biographie Express

  • Un spectacle: «Eloge de la faiblesse», jusqu'au 9 mars, Espace culturel des Terreaux, Lausanne. Réservations: 021 320 00 46.
  • Une conférence: lundi 3 mars, 19h30, Alexandre Jollien parle à l'Espace culturel des Terreaux.
  • Un livre: «La construction de soi. Un usage de la philosophie», Ed. Seuil, 2006.