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Le credo des candidats à la présidence américaine Version imprimable Suggérer par mail
21-02-2008

La politique américaine joue habilement sur la fibre religieuse des électeurs. La présidentielle de novembre ne fait pas exception

0208_actu Barack Obama et Hillary Clinton.

Photo : Brian Snyder / Reuters 


«In God we trust.» Les Américains mettent leur confiance en Dieu, jusque sur leurs billets de banque. La religion joue aussi un rôle considérable en politique. Le phénomène est visible dans la lutte âpre entre les candidats à la succession de George Bush pour la présidence.

Les partis républicain et démocrate, qui sont en train de désigner leurs candidats respectifs pour l'élection de novembre prochain, savent l'importance du vote religieux. Plusieurs candidats de la première heure, pourtant présentés comme des favoris, en ont fait les frais.

En premier, Rudy Giuliani, maire de New York au moment de l'attaque du 11 septembre. L'auréole que lui avait value sa prompte réaction à l'époque n'a pas sauvé ce catholique du naufrage. Les frasques de sa vie privée comptaient peu au regard de ses positions libérales sur des sujets qui tiennent à cœur à la puissante aile chrétienne conservatrice de son parti.

Dans le même camp, Mitt Romney est lui aussi rapidement passé à la trappe. Les Américains n'étaient pas prêts à voter pour un membre de l'Eglise des saints des derniers jours, autrement dit pour un mormon.

Côté républicain, restent en lice deux candidats: John McCain, le vétéran de la guerre du Vietnam, un anglican, et Mike Huckabee, un ancien pasteur baptiste.

John McCain

Le premier, à 72 ans, a changé si souvent d'avis sur la plupart des sujets qu'il reconnaît lui-même être difficile à suivre. Cette réputation de franc-tireur vaut à John McCain l'admiration des esprits indépendants, mais aussi de solides inimitiés chez ceux qu'il a blessés à un moment ou un autre.

Les chrétiens conservateurs sont de ceux-ci. Ils n'ont jamais digéré sa dénonciation frontale de l'influence politique de grands prédicateurs de la droite chrétienne conservatrice. Cela n'empêche pas John McCain de s'exprimer avec force sur sa foi.

A sa manière très personnelle, il raconte comment, lorsqu'il était torturé par les Vietnamiens, l'un de ses gardiens était venu secrètement l'aider durant la nuit. Au matin de Noël, alors qu'ils étaient tous deux dans la cour de la prison, le gardien avait tracé du pied une croix dans la poussière. Le prisonnier et son ange gardien étaient alors restés une minute ou deux en prière silencieuse.

«Telle est ma foi, résume le sénateur de l'Arizona. La foi qui unit et ne divise jamais. La foi qui construit un pont sur des fossés infranchissables dans l'humanité. La foi pour laquelle je serais prêt à mourir.»

Mike Huckabee

Le second républicain encore dans la course, Mike Huckabee, est un ancien pasteur de l'Eglise baptiste. Gouverneur de l'Arkansas jusqu'à l'an dernier, il a mené sa carrière politique sur un conservatisme proche des milieux fondamentalistes: «La Bible n'a pas été écrite pour être amendée, la Constitution, si», déclare cet homme politique aux positions tranchées.