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Le credo des candidats à la présidence américaine Version imprimable Suggérer par mail
21-02-2008
 

Créationniste affiché contre la théorie de l'évolution, opposant farouche du mariage homosexuel et de l'avortement, Huckabee est le candidat idéal de la droite chrétienne évangélique.

Il élargit son électorat avec le talent oratoire d'un bon prédicateur, n'hésitant pas à lancer des piques assassines contre ses concurrents, comme lorsqu'il propose de mettre Hillary Clinton dans la première fusée de la Nasa envoyée vers la planète Mars. Mais son conservatisme étroit ne le rend pas très populaire dans les autres catégories de la population.

Hillary Clinton

Côté démocrate, la première rescapée des élections primaires est Hillary Clinton, membre de l'Eglise méthodiste. Cette Eglise protestante traditionnelle est la plus proche de l'Eglise réformée. C'est d'ailleurs aussi celle de George Bush Jr, dont les croyances s'apparentent cependant davantage à celles des baptistes.

Le fait d'appartenir à une Eglise historique ne favorise pas les contacts de Mme Clinton avec la droite religieuse. Cela ne la décourage pas et, depuis plusieurs années, la femme de l'ancien président a appris à parler de son engagement religieux, de son groupe de prière, de l'aide que la Bible et les livres religieux lui ont apportée lors des moments difficiles de sa vie conjugale.

Curieusement cependant, alors que ses déclarations sont sans doute sincères, d'autres prétendants lui dament le pion dans ce registre.

Barack H. Obama

Grand vainqueur des dernières primaires démocrates et désormais favori, Barack Obama est de ceux-là. Sa victoire en novembre aurait de quoi désorienter les commentateurs de la configuration politico-religieuse des Etats-Unis.

Fils d'un Kényan musulman devenu athée et d'une mère américaine, Barack Obama, dont le second prénom est Hussein, est entré comme jeune adulte dans l'Eglise unie du Christ, une Eglise née en 1957 de la fusion de deux autres dénominations réformées. Cette Eglise, assez progressiste, était notamment celle du célèbre théologien protestant Paul Tillich.

Le fait que sa mère se soit remariée avec un autre musulman, indonésien celui-ci, et que toute la famille ait passé cinq ans dans ce pays musulman, a valu au candidat de vives attaques. «Un président musulman?», titrait une gazette.

Les sympathies musulmanes ne sont pas une garantie de succès dans la politique américaine. Un seul membre du Congrès est musulman. Sa promesse faite sur le Coran, l'an dernier, a provoqué une polémique. Barack Obama insiste donc régulièrement, dans ses brillants discours, sur l'authenticité de son christianisme.

Il a emprunté le titre de son dernier livre à un sermon du pasteur de sa mégaéglise de Chicago. Et mis sur pied des rencontres avec la jeune garde des mouvements évangéliques, comme lui plus soucieuse de justice sociale et de protection de l'environnement que des traditionnels slogans sur la sexualité et les homosexuels.

«Je pense que nous commettons une erreur lorsque nous sous-estimons la force de la foi dans la vie des gens», affirmait déjà le sénateur il y a deux ans. Certes la foi change la vie des hommes, mais le politicien qui ne sait pas toucher cette corde-là chez les Américains n'a aucune chance d'arriver au sommet. 

  • bn