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Vie de l'Eglise
Et si la solution passait par les laïcs? Version imprimable Suggérer par mail
21-02-2008

L'Eglise protestante vaudoise va vers une pénurie de ministres, due à de nombreux départs en retraite

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Jean-François Habermacher, directeur de la formation des laïcs.

Photo : dr 

 

Alors que le marché du travail peine à véritablement se détendre, annoncer une pénurie de professionnels dans une branche devrait être du pain bénit pour les jeunes qui doivent choisir leur voie. En principe. Car le hic, c'est qu'on ne décide pas de «faire pasteur» comme on pourrait s'orienter vers les métiers de l'informatique ou de l'hôtellerie.

Le manque de pasteurs et de diacres qui va prochainement toucher l'Eglise protestante vaudoise ne pourra pas être comblé par la seule relève, trop peu nombreuse actuellement sur les bancs des Facultés de théologie et dans la filière de formation diaconale.

Reste à se poser la question de l'engagement de laïcs salariés dans l'Eglise. Si le recours à des collaborateurs laïcs pour l'accomplissement de tâches liées à l'administration et à la gestion semble dans l'ordre des choses, faire appel à eux pour des tâches ecclésiales pourrait susciter des réticences.

«Et pourtant, ce serait une vraie chance pour l'Eglise, s'enthousiasme Jean-François Habermacher, directeur de Cèdres Formation. Il y a certes la pénurie de ministres, à laquelle il faut trouver une alternative, mais ce ne devrait pas être le seul moteur à l'engagement de laïcs en Eglise.»

Pour lui, l'Eglise bénéficierait ainsi de l'expérience de professionnels formés dans un domaine particulier, ce qui contribuerait à enrichir les moyens de mener à bien sa mission.

«Ce serait une nouvelle manière d'appréhender l'engagement de personnes dans l'Eglise. On irait les chercher pour leurs compétences professionnelles, liées à leur premier métier. Je pense aux pédagogues, aux animateurs, aux éducateurs ou encore aux enseignants, qui pourraient être attirés par un poste de catéchète.»

Formation adaptée

Pour autant, bien entendu, que l'Eglise leur donne une formation théologique, ecclésiale et spirituelle, car «on ne peut pas parler qu'en termes de compétences professionnelles dans le domaine de la transmission de l'Evangile.» Jean-François Habermacher pense aussi qu'une partie des activités d'aumônerie pourrait être confiées à des laïcs.

Ce qui impliquerait une forme de spécialisation pour des tâches bien précises. L'Eglise est-elle prête à prendre ce virage, alors qu'à l'heure actuelle, tant les pasteurs que les diacres reçoivent plutôt une formation de «généralistes»?

Autre souci: les laïcs engagés pour un domaine particulier pourraient faire les frais d'un remaniement de la dotation des postes et se retrouver sans emploi. «Pas forcément, commente encore Jean-François Habermacher. Il y aurait moyen d'envisager des formations-passerelles, qui permettraient de changer d'orientation.»

On le voit, l'idée d'engager des laïcs pour assumer des tâches ecclésiales impliquerait de mettre sur pied tout un concept de formation adapté. Mais la question devra, surtout, faire l'objet d'une décision du Synode, qui a déjà abordé le sujet l'automne passé dans le cadre du dossier «Des laïcs et des ministres au service de l'Eglise».