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L'Eglise réformée et la démocratie Version imprimable Suggérer par mail
21-02-2008

«L'Eglise évangélique réformée du canton de Vaud a pour seule autorité Jésus-Christ, le Fils de Dieu.» En votant ce premier principe il y a quelques années, le Synode a dit sur quoi se fondent l'identité et la mission de l'Eglise.

chablozLa démocratie dans l'Eglise réformée n'autorise pas les élus à défendre leurs intérêts particuliers ou leurs idées personnelles... Elle oblige à traduire en décisions concrètes une mission, des valeurs, une identité protestante.

Sur le plan politique, les élus du peuple s'engagent eux aussi à rechercher d'abord le bien commun et à respecter la Constitution. Celle du canton de Vaud commence par affirmer des valeurs communes à tous: le respect de la création comme berceau des générations à venir, l'ouverture au monde, le souci des plus faibles. Voilà définies des limites dans lesquelles les élus exercent leur mandat.

Le Synode a aussi affirmé plusieurs points forts liés à la tradition réformée: la Bible doit toujours être interprétée, le salut est offert par la grâce seule, la communauté est le lieu de la proclamation de la Parole et de la célébration des sacrements.

Il a reconnu le rôle de tous les baptisés pour accomplir la mission de l'Eglise ainsi que l'importance des ministres pour encourager la vie communautaire, le témoignage et la solidarité. Le lien avec les autres Eglises réformées, l'œcuménisme avec les différentes confessions chrétiennes et le dialogue interreligieux ont été bien sûr affirmés.

Les délégués au Synode ont ainsi voulu donner des limites clairement posées à la réflexion de chaque élu, aux débats de l'assemblée et surtout aux décisions à prendre. Etre membre du Synode, y représenter une région ou un service particulier de l'Eglise implique donc d'inscrire son engagement, non pas dans une complète liberté individuelle, mais dans la reconnaissance d'une institution qui affirme son identité d'Eglise réformée.

C'est seulement quand l'engagement des élus est vécu comme un service à la communauté que la démocratie s'impose comme une manière juste, respectueuse et cohérente, de vivre ensemble, dans l'Eglise bien sûr, mais aussi dans la société!

  • Henri Chabloz, président du Conseil synodal