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Vie des gens
La théologie demain Version imprimable Suggérer par mail
21-02-2008

Avec la fusion des Facultés de théologie, les Universités de Lausanne, Genève et Neuchâtel doivent se poser les vraies questions

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La Faculté de théologie est en émoi.

Photo : Silvano Prada, UNIL 

 

Rarement la petite Faculté de théologie de Lausanne n'a connu pareil émoi. Il faut dire qu'elle débat en ce moment de son avenir. Et avec lui, elle décide du type de théologie qui sera enseigné demain en Suisse romande. De quoi éveiller l'attention des croyants ou des quidams captivés par le fait religieux. Explications.

Les Facultés de théologie de Lausanne, Genève et Neuchâtel sont chacune trop petite. Une université ne peut plus se permettre trois enseignements côte à côte comptant un nombre restreint d'étudiants. Question de coût par tête de pipe.

Les collaborations déjà mises en place ne suffisent plus: il faut fusionner, ordre des trois recteurs. Lesquels rêvent d'une faculté forte et visible sur le plan international, plutôt que de trois petites plus insignifiantes.

«On nous laisse les mêmes moyens, mais nous ne devons plus faire de choses à double, explique Pierre-Yves Brandt, doyen de la Faculté de Lausanne. Nous devons déployer nos tâches.» Dès lors se pose la question de qui va réorienter son enseignement, et sur quel site. Le débat, lourd d'enjeux quant aux idées, se mêle avec celui des intérêts personnels, d'où un climat tendu.

Deux camps

Pour simplifier, deux camps principaux s'affrontent. Les tenants de la science des religions et ceux de la théologie protestante. L'approche du champ d'étude est différente pour chacun. Comparons les religions à des fourmis.

Les sciences des religions étudient la fourmilière en l'observant de l'extérieur, de façon neutre, agnostique ou déconfessionnalisée. Les théologiens l'étudient en en faisant partie. Leur méthodologie revendique autant de qualité scientifique et académique que les premiers. Ils ont en outre un avis sur la manière d'organiser la fourmilière.

A Lausanne, ces deux approches se côtoient depuis plusieurs années, avec une section de sciences des religions et une section de théologie. Le débat n'est donc pas neuf, mais les «camps» restaient équilibrés. La perspective de la fusion change la donne. Les sciences des religions craignent d'être minorisées par les deux autres facultés.

Qui plus est, celle de Genève dépend d'une fondation en partie financée par l'Eglise. Un lien vu d'un mauvais œil. «La structure genevoise, qui n'a pas d'impact sur les cours, devra de toute façon changer», tente de rassurer le doyen lausannois. Quant à Lausanne, le rapport à l'Eglise n'est guère plus que symbolique.

Alors, vers quoi va-t-on? Rien n'est encore décidé, mais une tendance se dessine: une unique faculté avec un pôle sciences des religions situé à Lausanne et un pôle théologie situé à Genève. Les sciences bibliques - étude de l'Ancien et du Nouveau testament - resteraient à Lausanne.