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La colère de Céleste
Les voyages, on en est revenu! Version imprimable Suggérer par mail
21-02-2008

Moi qui suis toujours en retard d'un train, sinon d'une guerre, j'aurai attendu 2008 pour découvrir dans une librairie une chose dont j'ignorais jusque-là l'existence: la «littérature monde». C'est-à-dire une littérature «aventureuse, voyageuse et ouverte sur le monde».

Si ce charabia peut sembler prestigieux, rien ne me paraît moins prestigieux que la chose qu'il désigne: les récits de voyages. Voilà en effet un genre bien mort. Je me demande même qui pourrait encore s'y intéresser en un temps où voyager est devenu un jeu d'enfant.

Aujourd'hui, où on se déplace vite et pour pas cher, n'importe qui peut se rendre à n'importe quel endroit du globe. Je connais d'ailleurs plein de gens qui sont allés en Chine ou en Australie.

Moi-même, je me suis déjà rendu d'innombrables fois à New York, à Londres ou à Rio. Et sans avoir quitté ma région, qui plus est, mais simplement en regardant la télévision ou en allant au cinéma.

La planète est devenue petite, avec les avions et les trains, si bien que tout le monde a tout vu. De même que tout a été dit et écrit sur chaque pays. Bien sûr qu'il faut voyager! Mais le faire pour soi, pour ouvrir son esprit.

Pour épater la galerie, en revanche, on peut toujours courir. Le voyageur ne suscite plus la moindre curiosité ou admiration. Il est même devenu le type dont on redoute, dans les soirées, le déballage de son récent périple africain ou de ses états d'âme népalais.

Les voyages, merci, on en est revenu depuis longtemps! A l'image de Bourvil qui, prémonitoire, chantait jadis: «Je connais toutes les mers, la mer Rouge, la mer Noire/La Mer-diterranée, la Mer de Charles Trenet/Et je dis non, non, non, non, non/Oui je dis non, non, non, non, non/Tout ça n'vaut pas/Un clair de lune à Maubeuge...» 

  • Céleste