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Dossier
La foi chrétienne, c'est facile Version imprimable Suggérer par mail
30-03-2008

Trois questions sensibles

1. La Bible est-elle la parole de Dieu?

A la question «L'Ancien Testament a-t-il été dicté par Dieu à ses auteurs?» le pasteur Alain Houziaux* répond: «Bien évidemment non. Les textes bibliques ont été écrits par des hommes qui s'appuyaient sur une tradition orale ancienne. Certains estiment que les auteurs étaient inspirés par Dieu, mais en aucun ces textes n'ont été pris sous dictée.

L'autorité de ces textes ne vient pas du fait qu'ils auraient été dictés par Dieu, mais bien du fait que les Eglises et communautés juives ont reconnu qu'ils faisaient écho à la Parole de Dieu, l'interpellation de Dieu vis-à-vis des hommes. Ils ont donc été inclus dans le canon, l'ensemble des livres reconnus.

Les cinq premiers livres de la Bible, le Pentateuque, avaient déjà cette autorité à l'époque de Jésus. Pour les autres, la décision est intervenue entre le Ier et le IVe siècle.

Fait remarquable, les chrétiens ont intégré l'Ancien Testament, qui précède l'avènement de Jésus, dans leurs écrits. Le christianisme reconnaît le judaïsme comme son père, mais il entretient avec lui une relation œdipienne, qui a provoqué plus d'un drame. Pour le Nouveau Testament, les textes les plus anciens sont les lettres de Paul, dès l'an 45, ensuite les Evangiles, dès 65.»

2. Si Dieu est bon, pourquoi le mal existe-t-il?

«L'idée que Dieu est à la fois bon et tout puissant est récente, rappelle le pasteur Houziaux. Que Dieu soit le créateur du monde à partir de rien, est une idée du IIe ou IIIe siècle. L'idée d'un Dieu bon est encore plus récente. Au Moyen Age, on craignait plutôt sa colère. Dieu était considéré comme un juge, avant le «papa gâteau» qu'il est devenu aujour­d'hui.

Le développement de ce Dieu à la fois bon et tout puissant entraîne cette question. Les textes, pourtant, précisent que Dieu n'a pas créé le monde à partir de rien, mais à partir d'un tohu-bohu, le terme est hébreu. Dieu a construit le monde à partir d'une terre glaise récalcitrante.

Ce tohu-bohu continue de faire des siennes. A l'image du volcan: le feu intérieur de notre planète est comprimé et sous contrôle, mais il se réveille parfois et suscite du désordre à la surface. Le mal peut être considéré comme un tohu-bohu, une rupture de l'équilibre du monde. La méchanceté ou le vice sont aussi des formes de désorganisation.»

3. Serons-nous tous sauvés, même le pire des hommes?

«L'idée du salut a évolué, explique le pasteur Houziaux. Des traces de l'enfer et du paradis apparaissent dans le Nouveau Testament. Ces idées humaines et bien compréhensibles correspondent à notre imaginaire. Elles ont rapidement connu un grand succès: il faut faire le bien pour avoir une récompense dans le ciel.

Avec l'apparition du Dieu qui ne peut être que gentil dont j'ai parlé, il a fallu réajuster les croyances. Comment expliquer que tout le monde soit sauvé? L'idée actuelle est que Dieu est à la fois jugement et grâce. Jésus est celui qui juge et qui pardonne. «Il reviendra pour juger les vivants et les morts», est-il écrit. Il prend sur lui l'exécution de la sentence qu'il prononce, plutôt que de la faire porter aux autres. Nous sommes à la fois jugés, promis à l'enfer et sauvés.

Le salut ne concerne pas seulement l'au-delà, mais aussi notre vie. Chacun peut se reconnaître sauvé à un moment ou un autre. Tout le monde est à la fois perdu et sauvé. C'est le sens de la parabole: l'ivraie et le bon grain sont ensemble, mais à la fin, ce qui est récolté est le bon grain qui est en nous. L'ivraie est brûlée. Il y a quelque chose en nous qui est aimanté par l'aimant, ce qui ne l'est pas est laissé.»

  • V.Vt

* «Y a-t-il un salut pour les salauds?» Ed. Les empêcheurs de penser en rond, 2007.