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Spiritualité
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Docteur, une expérience mystique, est-ce grave? |
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| 30-03-2008 | |||
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Le Pr Jacques Besson explore les liens entre psychiatrie et religion
«L'expérience religieuse fait partie de la vie normale», rassure d'emblée le docteur qui se déclare croyant. Le délire spirituel existe aussi, mais la recherche moderne dispose d'outils pour le repérer. «L'expérience mystique - une personne vit une expérience religieuse assez intense - n'est pas un problème pour le psychiatre. C'est le trouble mental qui l'est.» La médecine définit alors des critères, valables d'un coin à l'autre du globe, pour distinguer ce qui est normal de ce qui est pathologique (voir ci-contre). La clé de lecture? «Il faut distinguer l'expérience qui enrichit le sujet, lui apporte une santé mentale, l'apaise dans ses relations avec autrui, de celle qui appauvrit sa santé mentale, le fait souffrir et l'isole des autres.» C'est donc simplement l'effet positif ou négatif qui différencie une expérience mystique saine d'un trouble psychotique, d'un délire spirituel. «On reconnaît l'arbre à ses fruits», sourit le chef du service psychiatrique. Cerveau touchéLa psychiatrie est confrontée au religieux avec des maladies qui touchent le cerveau. C'est le cas de certaines crises d'épilepsie qui entraînent une perte de contact d'avec la réalité: l'épileptique rêve quelque chose de compliqué, qu'il croira sincèrement avoir vécu. La schizophrénie s'accompagne régulièrement de délires mystiques. Quelques patients atteints de la maladie d'Alzheimer développent une fixation sur le religieux. Les expériences de mort imminente (NDE) - qui viennent «de mécanismes de défense du cerveau dans des situations de souffrance», précise le médecin - sont vécues comme spirituelles. Enfin, certaines drogues produisent des hallucinations. «Tous ces phénomènes se passent dans les régions sous-corticales du cerveau, lieu des émotions, explique le médecin. Ils apparaissent comme une expérience émotionnelle. Mais comme ils touchent des zones inférieures à la conscience, le sujet a de la peine à savoir d'où cela vient.» En s'intéressant aux états de conscience modifiée, la psychiatrie flirte avec le spirituel. «Ici, psychiatrie et théologie ont un champ commun», constate le médecin qui en tire les conclusions: «A l'avenir, la recherche aura intérêt à s'intéresser au religieux, à apprendre des théologiens, dans une optique de santé communautaire. Car les psychiatres, souvent agnostiques, sont peu informés.» Or, des études montrent que les approches spirituelles sont efficaces notamment dans les addictions. Des outils se développent d'ailleurs pour aborder ces thèmes avec le patient.
Le Pr Besson souligne quelques critères pour différencier une expérience mystique normale d'un délire pathologique.
Deux conférences
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