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Ludovic Magnin, le talentueux footballeur vaudois, est sûr que la Suisse réussira son Euro, en juin prochain. Il parle de ce que le sport lui a apporté
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La défense de Ludovic Magnin contre la France.
Photo : Vincent Kessler / Reuters
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Qu'est-ce que vous aimez dans le football?
Ludovic Magnin: Le foot rassemble des foules. C'est une chose simple de la vie, qui donne du plaisir aux gens. Il leur permet de sortir de la routine quotidienne et de s'extasier un peu. Dans notre monde, c'est vraiment appréciable, non?
Comme spectateur, qu'est-ce que vous appréciez le plus?
Dans les matchs de haut niveau, j'aime les phases offensives, les buts, les gestes techniques que certains joueurs réussissent. Mais ce que j'apprécie le plus, c'est de regarder jouer les copains. C'est sympa, et amusant de voir les maladresses. Regarder les copains jouer, c'est un autre football, où il n'y a que le plaisir. Chacun est là pour faire son sport, se dépenser et rigoler. Ces valeurs se perdent un peu à notre niveau, à cause de la pression des résultats.
Vous jouez à Stuttgart, en Allemagne, qui a battu l'équipe suisse quatre à zéro en mars dernier. Que vous a inspiré cette défaite?
J'en ai entendu! Deux joueurs de mon équipe ont joué ce match, l'un a marqué deux goals. Ils ne m'ont pas loupé, même si je ne jouais pas à cause d'une blessure. C'était un coup dur pour la Suisse, et pour l'ambiance dans l'équipe, mais cela reste un match amical. Attendons pour nous juger après les vrais matches de l'Euro.
J'ai toujours envie de gagner »
Comment réagissez-vous à la défaite?
Quand j'étais gamin j'étais plus mauvais perdant à la gym qu'aujourd'hui dans le foot. Plus les années passent, mieux j'apprends à gérer une défaite. C'est une bonne école, aussi dans la vie, d'apprendre à perdre. Je n'aime pas, je veux toujours gagner, mais cela arrive. Je rentre à la maison, je retrouve les enfants, et c'est vite oublié. Le football reste un sport même s'il y a une forte pression. Dans un grand club comme le nôtre, l'objectif est d'être aux premières places. Il y a des moments où les choses vont moins bien, des réunions de crise. Une situation que chacun peut vivre. Nous ne sommes pas à part. Nous allons regarder ce que nous n'avons pas fait correctement, trouver des solutions, et bosser pour faire mieux au prochain match.
Vous avez commencé le foot à l'âge de 8 ans, au FC Echallens. Quelle différence y a-t-il entre le foot de votre enfance et celui d'aujourd'hui?
Je suis né avec le ballon et je suis heureux d'avoir joué longtemps dans un petit club. Deux ou trois entraînements par semaine, avec les copains d'école, c'est extra. Ajoutez les grillades, les soirées... On essaie de gagner, c'est sûr, mais c'est surtout du plaisir. Je continue avec cet esprit. C'est pour cela que j'ai prolongé mon contrat avec mon club. L'aspect amical, être avec des potes compte beaucoup pour moi. Mes amis d'enfance, je les ai toujours gardés. Bien sûr, depuis, en dix ans de carrière à l'étranger, les choses ont changé. Mais les bonnes relations dans l'équipe restent essentielles. S'il n'y a pas une bonne ambiance, il n'y a pas de résultat possible. C'est la base. Cela ne suffit pas toujours, mais c'est indispensable.
Un enfant a le droit de rêver »
Beaucoup de jeunes souhaitent devenir champions de foot. Qu'est-ce qui fait la réussite?
Un enfant a le droit de rêver. A l'école, en première année, je disais: «Je veux être footballeur professionnel.» Tout le monde se moquait. L'année suivante, j'ai redit la même chose. Avec les mêmes réactions. Aujourd'hui, j'y suis. Les gamins d'aujourd'hui le voient. Ils peuvent prendre exemple. J'en ai rêvé. Mes parents me disaient aussi qu'il y a peu d'élus, mais ils ont ajouté: «Tant que tu peux, essaie!» Chez nous, il est possible, comme je l'ai fait, d'apprendre un métier, pour si jamais tu n'y arrives pas, et de progresser dans ton sport. La différence, ensuite, c'est l'abnégation, le travail. Il y avait des jeunes mieux que moi dans les pieds, mais je suis moins sorti, je n'ai pas bu, pas fumé, j'ai fait des sacrifices pour ma passion. Quand tu commences à avoir du succès, ce n'est que le début. Ensuite, quand tu es tout en haut, il faut y rester. Encore aujourd'hui, j'entre sur le terrain avec l'envie de prouver ce que je vaux, de donner mon meilleur.
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