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Bible ouverte
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Le luxe du papier bible |
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| 26-04-2008 | |||
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Dérivé du papier à cigarettes, le papier fin connaît un renouveau
Vincent Bolloré a fait parler de lui lorsqu'il a prêté son yacht à Nicolas Sarkozy pour une croisière très médiatisée. Cet industriel breton, fait moins connu, est le principal producteur mondial de papier bible. Ce précieux papier est utilisé pour les livres de la collection La Pléiade des Editions Gallimard, pour l'Encyclopédie Universalis et aussi, sans doute, pour votre bible. «C'est le plus léger au monde, avec 22 grammes par mètre carré», se vante Virginie Prudhomme, des Papeteries du Léman, l'usine qui produit cette fine merveille à Thonon-les-Bains. Certes, il y a plus léger encore, le papier à cigarettes, par exemple, avec ses 12 g/m2. Ce papier est trop fin pour l'édition, mais c'est lui qui a fait, il y a un siècle, la fortune de la famille, notamment avec la marque OCB, où le B vaut pour Bolloré. Ces catholiques fervents ont alors eu l'idée d'un nouveau débouché pour les papiers fins inventés par leurs ancêtres. Ils ont transposé le savoir-faire de l'usine au papier d'édition. De bibles en particulier. Un autre succès. «La finesse et la qualité de ce papier lui donne un toucher soyeux et délicat, murmure Virginie. Léger, solide, opaque, il fait le plaisir des lecteurs. Cerise sur le gâteau, sa production est moins polluante que les papiers plus épais.» Il est aussi le plus coûteux. «Il faut un savoir-faire pour le fabriquer, comme pour l'imprimer», explique la papetière, dont le groupe produit 100 000 tonnes chaque année. Marché en croissanceLes papiers minces ne servent pas que pour les bibles: catalogues de vente par correspondance, annuaires, répertoires, guides de voyages ou de vins en font grand usage. A quoi viennent s'ajouter les notices de médicaments. Un marché en forte croissance. Ces recommandations de plus en plus longues, en plusieurs langues, doivent tenir dans la boîte. Seule solution, le papier fin. La Maison de la Bible édite 800 000 bibles et nouveaux testaments par an. «Nous utilisons du papier bible, explique Philippe Eicher, responsable de la production. Sans bois, il ne jaunit pas et reste opaque en dépit de sa finesse. L'ouvrage n'est ainsi pas trop volumineux. Un papier de qualité représente une bonne partie du coût d'une bible. L'impression et la reliure sont aussi plus onéreuses. Mais la bible est un ouvrage particulier, qui doit être bien réalisé.» Pas étonnant, donc, que la bible à 2 fr. 50, du même éditeur, soit imprimée sur un autre papier, du recyclé utilisé pour les annuaires. «Prenez une belle Mercedes et une petite coréenne, compare l'imprimeur. Les deux sont des voitures. Mais pour ceux qui roulent dans la première, ce n'est pas le cas. Le papier bible est inégalable.»
Bonne nouvelle !
«Nous sommes en phase de certification FSC (Forest Stewardship Council), explique Christophe Stutz, au CIE. Cette certification permet une traçabilité du bois utilisé pour la fabrication du papier depuis la plantation des arbres. Les aspects écologiques et sociaux de toute la chaîne de production sont ainsi contrôlés». Cela sans parler du fait que le papier journal est fabriqué à partir de papier recyclé. «Le recyclé représente entre 80% et 90% de votre journal, assure Rolf Zimmermann, du groupe Myllykoski, qui fabrique 200 000 tonnes de papier en Suisse chaque année et fournit le CIE. «Votre papier est déjà certifié FSC. Ce qui donne des garanties écologiques strictes: combien couper, combien replanter, quelle sorte d'arbres choisir... Le bois utilisé provient de forêts proches de notre usine à Utzenstorf, dans le canton de Berne.» Ajoutons que, de là, le papier est transporté à l‘imprimerie par le train. «Ceux qui ont un souci écologique ne devraient pas s'en prendre au papier journal, conclut Philippe Eicher. Ils devraient renoncer à imprimer leurs e-mails. Le papier de photocopie, avec ses azurants optiques, est beaucoup plus polluant.»
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Le journal «bonne nouvelle» n'est bien sûr pas imprimé sur du papier bible. Son papier est plus lourd et plus épais, avec quelque 49 grammes par mètre carré. Un journal de 24 pages pèse donc un peu moins de 45 grammes, ce qui représente environ 16 tonnes de papier pour un tirage de 350 000 exemplaires. Une paille pour le Centre d'impression Edipresse (CIE) à Bussigny, qui imprime 40 000 tonnes de papier chaque année.
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