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La joie d'un autre regard Version imprimable Suggérer par mail
23-05-2008

Dans le film «Le cercle des poètes disparus», de Peter Weir, le professeur enseigne à ses élèves que si l'on monte sur le pupitre, la vision change, les regards sont différents.

felberbaum_patrickChacun a pu expérimenter aussi qu'il est impossible de rapprocher deux forts aimants que l'on tient dans ses mains s'ils sont orientés avec la même polarité qui se fait face et que, au contraire, ils s'attirent irrésistiblement si on renverse l'un des deux.

Ces deux exemples montrent donc qu'il est quelquefois nécessaire de modifier son angle de vision ou d'approche pour obtenir un résultat étonnant.Pour ma part, j'essaie de me souvenir de cette règle de vie et particulièrement lorsqu'il s'agit de dénouer une situation à première vue inextricable.

Il en a été ainsi d'une chronique de vie que je vais vous conter. Il y a dix-huit mois, au milieu de l'histoire des requérants d'asile dite des 523, une famille a été cachée, menacée qu'elle était d'une décision de renvoi exécutoire.

A première vue, rien à faire. A première vue, tout la repoussait hors de Suisse. Mais une chaîne de solidarité ne voyait pas les choses aussi simplement. Les médiateurs Eglises-Réfugiés, des personnes, des associations, des avocats aussi se sont laissé attirer par l'histoire de vie de cette famille et la entourée, conseillée, accompagnée. De nouveaux dossiers de demande d'asile ont été déposés, des recours aussi.

Aujourd'hui, cette famille est toujours en Suisse, elle a obtenu un permis d'établissement grâce aux efforts conjugués de toutes ces personnes, de l'Etat de Vaud aussi.

Je les ai rencontrés dernièrement. Ce qui a changé chez eux? Le regard, il était radieux, le sourire se lisait dans leurs yeux et, comme des aimants, on s'est serré fort dans les bras, longuement, des larmes de joie dans les yeux.

  • Patrick Felberbaum, conseiller synodal