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Dossier
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Le foot, enthousiasme religieux |
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| 23-05-2008 | |||
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Page 1 sur 4 Les Eglises mouillent le maillot durant l'Euro. Pasteurs, théologiens et poètes rejoignent l'engouement populaire
Dans ce dossier: Le football, ses dieux et ses démons, selon l'éthicien Denis Müller Un pasteur invente le une-deux biblicosportif Georges Haldas: «Il y a de la poésie dans un match» Les églises sur le terrain
«Le football, ses dieux et ses démons» Une «quasi-religion»Denis Müller décrit le football comme une «quasi-religion» qui suscite «enthousiasme irrationnel, fanatisme, superstition, aveuglement de masse, ethnocentrisme et nationalisme». Ne serait-ce pas un parallèle artificiel, y compris pour les Eglises qui tentent de récupérer l'engouement populaire pour l'Euro? «C'est vrai qu'il existe une sorte de concurrence entre stades et Eglises, tentées de comparer, à tort ou à raison, leurs bancs trop vides avec ceux supposés très pleins des stades, répond Denis Müller. A la suite des protestants évangéliques, les Eglises ont constaté qu'être présentes dans les stades leur permettait de bénéficier du prestige de ce lieu sportif. Mais surtout, les Eglises protestantes et catholiques ont compris que le football était un phénomène social, qui posait des enjeux éthiques et de société. Les Eglises ont le devoir moral d'accompagner ce phénomène humain. Ne pas le faire serait une marque de mépris.» Un grand besoin d'arbitrePour l'éthicien, «le football est le symbole de l'ambivalence fondamentale de l'être humain», écartelé entre affirmation de soi et désir d'anéantir son adversaire. «Je ne dis pas que la société doit laisser faire, mais que le football révèle une réalité sociale, précise-t-il. Cette ambivalence de l'homme n'est pas contradictoire avec la nécessité d'avoir des règles. Le chapitre le plus important de mon livre est consacré à l'arbitre, figure du juge et de l'éthique qui doit être renforcée. La perte de respect que l'on constate envers les arbitres est due à une perte de respect envers les règles de notre société. Le laisser-faire tout comme le contrôle excessif qui multiplie les caméras de surveillance montrent que l'on n'a plus confiance en la démocratie. La société doit soutenir les arbitres, ne pas laisser les clubs faire et défaire les entraîneurs à leur guise, refuser de nommer des cadres qui appellent à ‹tuer l'adversaire». Des «forces démoniaques»«Une espèce d'idolâtrie de la performance fait du football une quasi-religion et réveille les forces obscures réclamant la mort de l'arbitre. On attend du centre-avant qu'il marque des buts, du gardien qu'il n'en encaisse aucun, de l'entraîneur qu'il trouve le chemin du succès et, s'ils ne le font pas, ils sont licenciés. Le football y perd sa gratuité, son côté festif, et ces moments miraculeux qui permettent la victoire du petit, la revanche du pauvre, le rétablissement de la justice entre les forts et les faibles. On touche alors à une forme de sacré. Je ne suis pas dupe du pouvoir de l'argent, mais il arrive que des sans-grades, un club de troisième division française puisse accéder à la gloire. A 60 ans, j'ai toujours l'enthousiasme transmis par mon père, avec qui j'allais voir les matches, et je sais que je suis à l'unisson de millions de gens.»
* Denis Müller, «Le football, ses dieux et ses démons. Menaces et atouts d'un jeu déréglé», Labor et Fides, 2008
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