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Le chanteur romand Marc Aymon est l'invité de la Fête des couleurs à Aigle. Il nous parle de son prochain disque et de ses idéaux
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Marc Aymon: «Chaque chanson est issue d'une rencontre.»
Photo : Patrice D'Antonio
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Avec K et Jérémie Kisling, vous faites partie des chanteurs romands qui montent. Quelles sont vos ambitions?
Marc Aymon: Je travaille en ce moment sur mon nouveau disque qui sortira début 2009. J'espère continuer à être apprécié en Suisse et aller à la conquête du marché français. Un artiste ne peut pas vendre qu'ici. Si je veux faire de la chanson toute ma vie, j'ai intérêt à élargir. Avec le succès de mon dernier disque, «L'astronaute», j'ai donné un grand nombre de concerts, comme au Paléo en 2006. Ce début d'année, je suis parti seul avec ma guitare en France, en Belgique et au Québec. C'était génial. Culturellement, le public québécois aime les chansonniers. Il transmet de la force, il met en confiance.
Maintenant, vous êtes à la montagne pour composer. Une retraite loin du monde?
J'ai mûri ce disque depuis longtemps. Là, je me suis retiré dans une grande maison à la montagne pour me reposer, faire les titres, vérifier que les chansons correspondent bien à ce que j'ai envie de donner aux gens. Certains textes ne sont pas terminés, mais chaque chanson est issue d'une rencontre. Le fruit d'un hasard incroyable! Je me suis ouvert à collaborer avec d'autres chanteurs en Suisse et à l'étranger. J'ai découvert que si on est bloqué sur une chanson, il faut échanger. L'autre vous libère. Je suis tellement égocentrique et j'ai tellement envie de plaire à tout le monde, que j'aimerais tout créer seul. Mais alors je me limite et n'arrive pas à l'exigence que je veux. Le regard de l'autre me remet en question. Ma vie, c'est des rencontres.
Justement, en juillet, vous êtes une des têtes d'affiche de la Fête des couleurs à Aigle, le festival de la diversité culturelle. Ce thème vous passionne-t-il?
C'est aussi le fruit d'une rencontre, avec son organisateur, le diacre Serge Paccaud, qui se bat avec ses tripes pour l'intégration. Je suis convaincu que nous ne pouvons pas avancer en ayant peur des autres. S'ouvrir à différentes cultures, c'est génial. Je l'expérimente sur scène, mais pas seulement. En découvrant de nouveaux sons, je peux avancer. Lors d'un festival avec Terre des Hommes, j'ai fais la connaissance d'un Africain plus jeune que moi qui jouait du djembé comme un dieu. Il avait tout à m'apprendre.
Si Dieu existe, il a envie qu'on se marre aussi»
Cette Fête des couleurs est aussi organisée par l'Eglise. Quel lien avez-vous avec la foi?
L'idée d'aller jouer pour une Eglise m'a d'abord refroidi. J'ai grandi dans un petit village où j'ai vécu un matraquage avec la foi. Cela m'a dégoûté. Puis j'ai reçu une bible. Je me suis retrouvé à lire le Cantique des Cantiques, puis le Psaume 23, que le chanteur Daniel Darc, qui a été punk durant sa vie, a magnifiquement mis en musique. Je suis tombé amoureux de ce texte qui dit: «Je t'emmènerai dans un pré d'herbe fraîche... par-dessus les vallées sombres...» C'est ce qu'on aimerait dire aussi à son amoureuse, quand on veut l'aider à traverser les épreuves en lui tenant la main. J'ai réalisé que ce n'était pas à cause de mon enfance qu'il fallait tout mettre dans le même panier. L'Eglise est capable d'organiser des festivals. Je l'aime quand elle est ouverte et tolérante. Je la déteste quand elle fait peur et culpabilise. Je respecte la religion qui fait du bien. J'en parle avec différentes personnes, dont des amis curés. C'est encore un questionnement pour moi.
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