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27-06-2008

Des personnes passent une partie de leur temps libre dans des monastères. Pour découvrir ce qui compte vraiment dans la vie. Témoignages

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Frère Jean-Paul dans le cloître de l'abbaye d'Hauterive: «L'accueil, pour partager notre vie de prière.»

Photo : Hauterive 

 

Au cœur de soi-même, chacun de nous place, reconnaissons-le, soi-même. C'est ce qui fait l'agrément de rencontrer des moines. Car eux, au cœur d'eux-mêmes, ont placé Dieu. C'est inhabituel, et rafraîchissant.

«Nous accueillons des gens pour leur donner l'occasion de partager notre vie de prière pendant quelques jours, dans un cadre qui leur permette de se recueillir pour se ressourcer et approfondir leur vie de foi», indique Frère Jean-Paul, hôtelier de l'abbaye de Hauterive.

Un approfondissement qui provoque des surprises. Les personnes qui s'engagent dans une retraite n'y trouvent pas toujours exactement ce qu'elles prévoyaient: «C'est le cadre accueillant et tranquille qui attire d'abord nos hôtes. Durant leur séjour, c'est souvent le témoignage de vie fraternelle que nous menons ici qui les touche le plus», relève le frère.

Jean-Samuel Grand, éditeur et imprimeur, ne le démentira pas. «Vous arrivez à l'office à 4h15, des moines sont déjà là en train de prier. Entrer dans la prière communautaire me recentre sur l'essentiel. Je retrouve le silence, je me redonne un nouveau rythme. Beaucoup de choses se décantent. Curieusement, le silence et la vie organisée vous redonnent une liberté.» La communauté de Grandchamp et l'abbaye d'Acey sont ses lieux préférés.

«Il s'agit d'être soi» 

Eliane Bordez, 40 ans, sage-femme, est une fidèle de Crêt-Bérard, près de Puidoux. «C'est mon lieu de prédilection, celui où je me sens bien. Mon travail est stressant, et j'essaie d'y aller au moins deux ou trois jours par trimestre.» Elle apprécie la qualité de l'accueil. «Je peux discuter avec les hôtes qui sont à la fois disponibles, attentionnés et respectueux. Je m'y sens en sécurité. Les offices réguliers et l'accompagnement spirituel me conviennent.»

De l'avis de ceux qui la pratiquent, la retraite est un bon moyen de reprendre contact avec notre dimension spirituelle. «Cette dimension contemplative est essentielle à notre époque», note Jean-Samuel, qui recommande toutefois de maintenir le dialogue: «Le silence n'est pas anodin. Il vous travaille en profondeur.»

«Une retraite dans un monastère nécessite un minimum de prédisposition à la solitude et au silence, comme d'ailleurs un certain équilibre psycho-physique», confirme Frère Jean-Paul.

«Vous vous retrouvez face à vous-même, sans agenda, sans le boulot, tout ce qui fait notre apparence. Vous vous mettez face à Dieu. Il ne s'agit pas d'occuper le temps, mais d'être soi, plutôt que de faire. Cela remet la priorité sur les choses importantes et aide à mieux se connaître. Mais ce n'est pas si facile», conclut Eliane.

  • V.Vt