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Vie de l'Eglise
Pasteurs vaudois en exil Version imprimable Suggérer par mail
27-06-2008

Ils ont choisi de pratiquer leur ministère loin du canton. Une expérience décoiffante. Témoignages 

vieeglise1 Nicolas Monnier: «La référence à Dieu fait partie du quotidien.»

Photo : DM-échange et mission

La leçon du Mozambique

«Le plus surprenant, c'est la place qu'occupe l'Eglise dans la vie des gens. Elle gère des hôpitaux, des écoles, son rôle social est reconnu. Elle est très engagée aussi dans le front contre le sida.» Un rôle utile quand on sait que 16% de la population du Mozambique est touchée par le virus.

Nicolas Monnier, 43 ans, pasteur vaudois marié à Eliane et père de trois enfants, de 13, 10 et 8 ans, est parti avec toute sa famille dans ce pays en 2002, envoyé par le DM - Echange et mission.

Une aventure mûrement réfléchie. «Nous avions ce projet depuis longtemps, en fait depuis le début. Ma femme avait effectué un stage comme infirmière au Tchad, et moi je suis né au Mozambique, où mon père travaillait pour la mission, comme agronome. J'y ai vécu jusqu'à l'âge de 10 ans.»

Le regard tourné vers l'Afrique, Nicolas suit, en Suisse, des études en sciences politiques, avec un mémoire portant sur la stratégie des missionnaires au XIXe siècle. Rebelote en théologie: «Cette fois, j'ai planché sur les relations du DM-Echange et mission avec les Eglises sud-africaines durant l'apartheid.»

Parlant déjà une des langues locales, le tsonga, Nicolas s'est intégré sans difficulté dans son nouvel environnement. Ses enfants suivent aujourd'hui l'école française à Maputo, et s'y plaisent assure le pasteur vaudois exilé.

«Nous n'avons pas eu le sentiment de faire un sacrifice en partant. Nous avons trouvé au Mozambique une Eglise de survie, mais qui, malgré des moyens limités, déploie avec dynamisme une grande activité. L'Eglise est le pivot de la vie des gens, le point de référence.»

En septembre, l'aventure prendra fin. Les Monnier reviennent en Suisse, dans la paroisse d'Yverdon. Sans appréhension, mais conscients du changement: «Les Vaudois sont plus réservés dans l'expression de leur foi, qu'ils vivent plutôt de façon intérieure. Au Mozambique, la référence à Dieu semble naturelle, elle fait partie du quotidien. C'est une manière plaisante, à la fois assumée et humble, de vivre sa religion. Elle accompagne tous les moments de la vie.»