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Vie de l'Eglise
Pasteurs vaudois en exil Version imprimable Suggérer par mail
27-06-2008
 

Le dynamisme parisien

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Luc-Olivier Bosset (derrière l'enfant): «Une mission dans la cité.»

Photo : DR 

 

«Je m'éclate dans cette paroisse. J'y ai trouvé les réponses que je cherchais.» Luc-Olivier Bosset, 35 ans, a quitté sa terre natale d'Avenches, il y a neuf ans, pour un poste pastoral à Ermont, dans la région parisienne.

A la sortie de ses études, le jeune pasteur trépigne. «Le monde est vaste et la réalité de l'Eglise aussi! Ma famille est établie dans la Broye depuis des siècles, j'avais envie de découverte», se souvient-il.

Plusieurs confrères lui racontent leur expérience stimulante à l'étranger. Mais, surtout, cette plaque sur l'ancienne Faculté de théologie devant la cathédrale de Lausanne lui rappelle que les pasteurs français venaient s'y former avant de repartir. «Je voyais l'Eglise vaudoise chercher son identité. Une Eglise indépendante de l'Etat et minoritaire comme les protestants français m'interpellait. Comment avait-elle trouvé sa voie?»

Le pasteur découvre à Ermont «une grande créativité» de l'identité protestante. «Nous sommes moins de 3% de la population française, moins nombreux que les musulmans. J'ai appris à être protestant en nous affirmant positivement, et non en disant ce que nous ne sommes pas.»

Certes, la région parisienne bouge plus qu'une paroisse des Cévennes. «Avec la mobilité des gens, 70% de la communauté se renouvellent tous les dix ans. Ceux qui viennent chez nous, de toutes origines, ont soif d'une parole particulière. En ce sens, nous sommes à la fois multitudinistes et confessants. Les paroissiens demandent une foi qui nourrit leur engagement durant la semaine.»

Avec 125 foyers cotisants et 300 autres familles répertoriées, la paroisse reste en situation précaire. «Notre dynamisme vient de la solidarité, mais aussi des relations fraternelles que nous avons avec d'autres Eglises d'Europe.»

En vendant ses deux temples, la paroisse vient d'en reconstruire un neuf, moderne et aux deux tiers modulable. Il est utile la semaine aux activités paroissiales et à des associations. «Nous avons opté pour un temple visible. Nous essayons d'assumer notre identité chrétienne dans une société laïque, conscients de notre mission dans la cité.»