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Vie de l'Eglise
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Pasteurs vaudois en exil |
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| 27-06-2008 | |||
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Le dépouillement de saint Jacques
Ce n'est pas un château en Espagne. Juste une maison pour accueillir des pèlerins et des gens dans le besoin. Alain Brouze, Esther et leurs deux enfants ont quitté il y a quatre ans la magnifique cure de Concise, au bord du Lac de Neuchâtel, pour animer la «Maison de Mamré» à Jaca dans le Nord de l'Espagne. Ce lieu d'accueil et de prière appartient à une Eglise protestante minoritaire - 2500 membres - et pauvre. «J'aimerais parfois avoir plus les coudées franches, mais je ne manque de rien», confie Alain Brouze. Le pasteur vaudois sentait un appel à aller en Espagne. «C'est le lieu d'origine d'Esther. Nous voulions être sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.» Il aspirait aussi à un autre rôle que celui de «pasteur patriarcal dans une paroisse vaudoise», selon ses termes. «Je suis reconnaissant à mes paroissiens qui m'ont appris à être humain, à changer ma théologie. Mais j'étais en train de m'empâter. En arrivant ici, j'ai perdu une vingtaine de kilos.» En Espagne, Esther et Alain trouvent une Eglise qui a beaucoup souffert sous le franquisme et qui a appris à se battre. «Cette église, je l'aime bien: elle a du cran. Cela ne veut pas dire que nous avons été accueillis comme des sauveurs, les Espagnols sont fiers, souffle-t-il. Mais une tradition raconte que le Saint-Graal s'est arrêté ici avant d'être amené à Valence. Moi, j'y ai trouvé mon graal. Cela n'a pas de prix. Je me sens libre intérieurement. J'ai été impressionné de la tendresse de Dieu sur le chemin d'authenticité qu'il m'a donné de vivre.» L'ancien pasteur vaudois a dû apprendre «la patience, la confiance, le dépouillement et la fragilité». Un idéaliste? «La clé de tout, c'est qu'il faut rêver éveillé. Ensuite, la réalité pose le cadre. Mais en tentant ses rêves, on débloque des choses.» Autant dire qu'il n'a pas envie de rentrer en Suisse. Il vous accueille à la «Maison de Mamré» sur la route de Compostelle.
«Maison de Mamré», Calle del Arco 1, E-22700 Jaca, tél. 0034 974 36 32 71, internet: www.casamamre.org |
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