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Bible ouverte
Les figures bibliques du Coran Version imprimable Suggérer par mail
27-06-2008

D'Abraham à Jésus, de Noé à Jean Baptiste, de nombreux personnages bibliques se retrouvent dans le Coran. Voyons comment

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L'arbre des prophètes de l'islam, d'Adam à Mahomet.

Photo : Collection Centlivres, BCU, Lausanne 

 

Fait peu connu mais frappant, un grand nombre de figures de la Bible se trouvent aussi dans le Coran. Comment l'expliquer? «Mahomet n'a pas prétendu apporter un nouveau message. Il s'inscrit dans la continuité de ce qui l'a précédé: la Torah de Moïse et l'Evangile de Jésus, répond Jean-Claude Basset, 58 ans, chargé de cours à la Faculté de théologie et de sciences des religions à Lausanne, et bon connaisseur de l'islam. Plusieurs sourates du Coran portent le nom de personnages bibliques: Abraham, Joseph, Marie.»

Du côté musulman, on considère que le Coran s'inscrit dans la prolongement de la Bible. Idée que chrétiens et juifs ne sont pas prêts à accepter: «Du point de vue musulman, note le spécialiste, le Coran est une reprise du message originel de la Bible.»

L'idée est que, au fil du temps, son contenu a perdu de son authenticité. Ainsi les quatre Evangiles ne sont aux yeux des musulmans que des commentaires de l'unique Evangile authentique de Jésus. Pour l'islam, il n'y a au ciel qu'un livre-matrice que Dieu communique successivement à Adam, Noé, Abraham, Moïse, Jésus, et à Mahomet.

Convergences et divergences

Les personnages bibliques du Coran sont-il vraiment identiques? Il n'est pas difficile de trouver des différences. Pour les musulmans, cependant, ce sont les mêmes, inscrits dans le cadre de l'islam. Abraham devient un musulman, Ibrahim. On reconnaît en lui des traits juifs et chrétiens, et d'autres nouveaux.

Adam et son épouse apparaissent dans le Coran, mais avec une attitude différente. Dans la Bible, Adam rejette la responsabilité du péché sur Eve, qui la rejette à son tour sur le serpent. Dans le Coran les deux reconnaissent avoir fauté, et ils s'en excusent. D'autres éléments de convergence existent, ainsi les commandements du décalogue, l'histoire de Joseph en Egypte, la naissance miraculeuse de Jésus.

Pour Jean-Claude Basset, une grande différence demeure entre la Bible et le Coran. La rédaction de la première s'étend sur mille ans, avec une diversité de témoins et d'auteurs inspirés aux prises avec des événements historiques. Le Coran, lui, se présente comme la parole de Dieu, communiquée directement à Mahomet, de 610 à 632. A sa mort, le Coran s'arrête.

Selon la tradition musulmane, Mahomet ne savait ni lire ni écrire. Il n'est pas l'auteur, mais le transmetteur de ces textes. Leur accès est difficile pour un Occidental: pas de narration continue, mais des allusions réparties dans les 114 sourates ou chapitres, classés par ordre de longueur décroissant.

Fondateur de la Plateforme interreligieuse à Genève, Jean-Claude Basset insiste cependant sur la parenté: «Dans le cadre de l'histoire des religions à l'échelle de l'humanité, le message fondamental des trois religions - juive, chrétienne et musulmane - présente des similitudes frappantes: un Dieu créateur qui communique sa parole; un Dieu miséricordieux qui se préoccupe de l'humanité, qui indique sa volonté; un Dieu qui envoie des prophètes et qui promet un jugement final de l'humanité.»

Le dialogue entre chrétiens et musulmans est aussi vieux que l'islam lui-même. Mahomet était un commerçant. A 40 ans, il fait une expérience qui bouleverse son existence. Pour le rassurer, sa femme va consulter un moine chrétien: il n'est pas possédé par un démon, mais c'est bien un ange, Gabriel, qui l'appelle à devenir prophète du Dieu unique.