Menu Contenu
Faites un don

Publicité

EPER banniere noel 2011
E-mail
Vie des gens
«Lausanne sans théologie, une rumeur infondée» Version imprimable Suggérer par mail
27-06-2008

Au milieu des tensions qui animent les Facultés de théologie, Dominique Arlettaz, recteur de l'Université de Lausanne, remet les pendules à l'heure

viedesgens

Dominique Arlettaz: «La théologie a sa place à l'université.»

Photo : F. Imhof - UNIL

 

L'enseignement de la théologie a-t-il sa place dans une université?
Dominique Arlettaz: Oui, la théologie a sa place à l'université. Elle a pour objet des textes fondateurs de notre culture et de notre société. Il est opportun d'en approfondir l'étude. Il ne faut pas oublier que la théologie a été à l'origine des universités européennes. Bien sûr, il y a plusieurs manières d'aborder ce champ d'étude. Soit en adoptant un point de vue distancié aussi objectif que possible. Soit en étant partie prenante de la culture chrétienne. Le débat qui anime les Facultés porte en grande partie sur cette différence d'angle d'approche.

Pour trancher, une université ne devrait-elle pas s'en tenir à un enseignement des sciences des religions, christianisme compris?
La mission de l'université est de créer et de transmettre du savoir, en tenant compte des besoins de la société. Or la société a un intérêt pour ce qui touche au religieux. La théologie explore une culture particulière. Cet enseignement ne se limite pas à former des pasteurs. L'enseignement des sciences des religions qui inscrit le christianisme dans une compréhension de l'homme et une histoire globales est bien sûr indispensable. La cohabitation entre théologie et sciences des religions peut créer des interactions fructueuses.

Comment allez-vous résoudre le différend qui oppose les enseignants de théologie et ceux de sciences des religions?
Ils sont en tension à cause d'une différence d'approche de leur objet d'étude. Mais cette tension existe depuis toujours. J'en trouve les traces depuis la création de notre université en 1537. Il y a quelques années, la Faculté de théologie de Lausanne a décidé volontairement de s'ouvrir aux sciences des religions pour mieux s'adapter aux attentes de la société. Aujourd'hui, le projet de renforcement des collaborations entre les Facultés de Lausanne, Genève et Neuchâtel crée des inquiétudes en terme d'équilibre entre les différentes disciplines. Nous ne pourrons pas régler définitivement un débat de fond, qui a d'ailleurs sa place à l'université, mais nous ferons ce qu'il faut pour préserver cet équilibre.

La théologie va-t-elle quitter Lausanne au profit de Genève?
Si cette rumeur circule, elle est infondée car ce n'est aucunement notre intention. Quelle que soit sa forme, la collaboration entre les trois Facultés maintiendra la présence de l'enseignement et de la recherche en théologie à Lausanne. C'est nécessaire, du fait de la forte implication de la théologie dans le tissu social vaudois. Cette présence à Lausanne sera organisée avec nos Facultés partenaires, mais la collaboration ne s'exprime pas seulement en termes de localisation des activités.