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Une Eglise de grand vent Version imprimable Suggérer par mail
22-08-2008

Jésus marche tout le temps! J'aime beaucoup cette réalité dynamique, légère, à l'air libre

Il traverse le pays, s'arrête chez les gens. Il pose des questions, écoute, attentif à la vie. Toujours, il renvoie ses interlocuteurs à eux-mêmes, à leurs relations à Dieu et aux autres. Il les pousse à poser, à leur tour, une question: «Qui est mon prochain?»

Chacun va trouver une réponse, imaginative, dans le concret de sa vie. Jésus se mêle à la vie courante: il se réjouit avec des mariés et pleure avec ceux qui pleurent; il secoue les pieux religieux et s'agenouille devant les pauvres. Oui, vraiment, «il a passé faisant le bien», comme l'écrit saint Luc.

A l'heure du retour des fondamentalismes qui bâtissent des murs de séparation, oubliant que Dieu est «au-delà de tout», certains pensent pouvoir enfermer Dieu dans des mots et des gestes. Alors, aujourd'hui, je rêve d'une Eglise qui ne cesse aussi de se déplacer, de vouloir rencontrer les gens, d'accompagner. Une Eglise de grand vent.

Il ne s'agit jamais de ramener dans l'Eglise pour faire nombre, mais d'orienter des existences vers la Lumière du Christ pour que chacun vive cette réalité: «Jésus le regarda et l'aima», et qu'il en soit libéré. Le philosophe Paul Ricœur l'exprime à sa façon: «La bonté est plus profonde que le mal le plus profond. Il nous faut libérer cette certitude, lui donner un langage.»

Jésus est au centre de la mission de l'Eglise: faire comprendre ce mouvement extraordinaire de Dieu avec nous, de Dieu pour nous: «Vous avez connu Dieu - ou plutôt vous avez été connu de Lui», écrit saint Paul. Puissions-nous être connus au plus profond de ce que nous sommes et faire de toute notre vie une existence à la suite du Christ, dans la liberté de son Esprit.

Souvenons-nous: «En t'appelant, Dieu ne prescrit pas ce que tu devrais accomplir. Son appel est avant tout une rencontre», nous disait Frère Roger, de Taizé.

  • Antoine Reymond, conseiller synodal