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22-08-2008

Le réalisateur anglais Mike Leigh propose une comédie douce-amère rafraîchissante

cinema

Poppy illumine l'existence de ses élèves.

Photo : Monopole Pathé 

 

En lever de rideau, une jeune femme à la jolie frimousse, Poppy (épatante Sally Hawkins, Ours d'argent du Prix d'interprétation féminine à Berlin 2008), zigzague à vélo à travers la circulation citadine et fait irruption dans une librairie dont elle laisse le vendeur éberlué.

Mike Leigh, dont la filmographie importante («Naked», «Secrets et mensonges», «Vera Drake»...) ne se signale pas forcément par une ambiance rigolote, offre ici une comédie douce-amère, avec une sorte d'Amélie Poulain à l'anglaise. A travers les tribulations en arc-en-ciel de son héroïne, il instille une réflexion rafraîchissante sur l'enseignement.

Poppy, maîtresse enfantine, illumine ou perturbe quelques existences. Ses leçons d'auto-école - hilarantes - la confrontent à Scott (bouleversant Eddie Marsan), moniteur frustré et tatillon qu'elle pousse dans ses derniers retranchements. Elle aime ses élèves, qu'elle observe avec perspicacité, ce qui l'amène à détecter un cas de maltraitance, occasion d'une belle rencontre avec un assistant social au grand cœur, Tim (Samuel Roukin) - et d'une scène poignante autour du garçonnet malheureux.

Tout n'est pas noir pour Poppy, qui tend à voir le verre de la vie à moitié plein plutôt qu'à moitié vide. Elle s'éclate avec bonheur dans des cours de flamenco et dans des séances de trampoline. Son côté foufou et son apparent optimisme à tous crins pourraient agacer les gens «raisonnables» et les pisse-vinaigre, mais ne nous y trompons pas: certes, elle souffre d'un certain mal-être, qu'elle affronte toutefois avec sagesse et énergie.

Mike Leigh a d'ailleurs déclaré qu'à notre époque «il est important d'aller à contre-courant des gens sinistres et pessimistes». Et si l'on sort d'avoir rencontré Poppy avec son sourire contagieux aux lèvres et la certitude que, comme on dit, il est agréable d'être important mais qu'il est plus important d'être agréable, ce n'est déjà pas si mal.

  • Daniel Grivel, «Ciné-Feuilles»

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Critique tirée de la revue Ciné-Feuilles,  Tél.: 021 331 21 75,  Internet: www.cinefeuilles.ch  Abonnement: 50 fr.