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«La Bible n'est pas une boule de cristal»
Claire Clivaz, nouveau professeur de Nouveau Testament et de littérature chrétienne ancienne à l'Université de Lausanne
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Claire Clivaz: «La Bible doit être connue de tous.»
Photo : DR
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A quoi sert-il de lire la Bible aujourd'hui?
Claire Clivaz: La Bible doit être connue de tous. C'est une pièce incontournable de la littérature occidentale. Elle devrait être plus présente dans les disciplines profanes. Parce que tout le monde a le droit de l'ouvrir, et parce qu'il faut la connaître pour comprendre notre société pluriculturelle. Sans ce bagage, vous ne pouvez voir un tableau, comprendre une œuvre littéraire ou saisir certaines expressions de notre langue. Ensuite, les croyants la lisent avec une motivation particulière, puisqu'ils y trouvent la parole de Dieu. L'image de la Réforme, c'est la Bible qui arrive dans tous les foyers. Jusqu'à Vatican II, le catholique de base n'avait pas accès au texte biblique. Aujourd'hui, chacun la lit comme il le veut et quand il le veut, selon ses questions.
Comme professeur, que pensez-vous d'une lecture spontanée?
Il n'y a pas de lecture spontanée. Nous n'arrivons jamais nus devant une bible tombée de la planète Mars. C'est impossible en Occident, car le christianisme est imbriqué dans notre culture. Ce que nous avons entendu dire de Dieu va conditionner notre lecture. Tout texte doit être interprété. Les juristes le font avec les lois, vous le faites aussi en lisant le journal. Face à un écrit, vous êtes tout de suite en dialogue. Les textes religieux ont été lus et travaillés pendant des siècles. Nous ne sommes jamais seuls en ouvrant une bible, nous entrons dans un processus de lecture.
La prière joue-t-elle un rôle?
Comme pasteur, je valoriserai la lecture priante. Car ces textes nous sont arrivés par des gens. Quand vous ouvrez une bible, un grand nombre de visages de croyants vous sautent contre. Tout cela vous parvient dans le brouhaha de votre culture. La prière est importante, car nous avons besoin d'un moment de silence, un peu d'espace. C'est pourquoi entendre la Bible dans un cadre liturgique est nécessaire. Elle ne nourrirait plus la foi si elle n'était plus portée par une communauté.
Peut-on ouvrir la Bible au hasard pour y trouver une réponse immédiate?
Je l'ai fait une fois quand j'étais plus jeune. La réponse que j'ai trouvée m'a fait rire et montré que cela n'avait pas de sens. C'est absurde de considérer la Bible comme un horoscope ou une boule de cristal. Il ne faut pas idolâtrer ce livre. Pourquoi? Parce que le christianisme n'est pas simplement une religion du Livre. C'est avant tout la religion d'un événement. Il s'est d'abord passé quelque chose: quelqu'un est venu. Cette révélation nous parvient par des gens qui sont le visage de l'Eglise.
La Bible a-t-elle réponse à toutes
les questions actuelles?
Même le Nouveau Testament a conscience de ses limites. Il fait référence à des écrits apocryphes. Il précise aussi, en Jean 21, 25, qu'on n'a pas tout écrit sur Jésus. L'apôtre Paul est conscient que d'autres textes existent. Il cite des auteurs grecs. Clément d'Alexandrie, auteur chrétien du IIe siècle, donnait presque un statut de révélation à Homère. L'Esprit inspire aussi le poète, le musicien... Trouve-t-on dans la Bible les prémices de tout? Elle nous donne plutôt des impulsions sur des sujets qui n'y sont pas. Des questions actuelles n'existaient pas à l'époque.
La Bible par correspondance
Vous souhaitez approfondir votre lecture de la Bible en bonne
compagnie? Le Cours biblique par correspondance va vous intéresser, que
vous soyez fidèle paroissien ou éloigné de l'Eglise. Il vous suffit
d'être intrigué par la Bible pour décider de lui consacrer au moins
deux heures tous les quinze jours.
Entre octobre 2008 et avril 2009, le cours s'arrête sur le livre
d'Esther. Ce petit récit biblique savoureux, dont l'intrigue est bien
menée, n'est pas dépourvu de traits d'humour. Au-delà d'aspects
romanesques, il soulève des questions théologiques et identitaires
fondamentales et actuelles.
Renseignements et abonnement à l'Office protestant de formation, case postale 58, 2046 Fontaines. Tél.: 032 853 51 91 ou www.protestant-formation.ch S'inscrire avant le 20 septembre.
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