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Notre fourmi des bois si petite mais si forte |
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| 22-08-2008 | |||
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Page 1 sur 2 Le Parc jurassien vaudois recèle la plus grande colonie de fourmis d'Europe. Rendons-lui visite avec le biologiste Daniel Béguin
Tous les promeneurs qui franchissent le Col du Marchairuz sont loin de se douter qu'ils passent à quelques centaines de mètres d'un fourmillement unique: la plus grande colonie d'Europe de fourmis des bois. «C'est ce qu'on appelle une super-colonie, explique Daniel Béguin, biologiste au Parc jurassien vaudois. Sur les 70 hectares alentours, vous avez 1200 fourmilières d'une même espèce reliées entre elles par un réseau de 100 km de pistes.» Le chercheur montre l'une de ces «autoroutes à fourmis» qui chemine de fourmilière en fourmilière dans les pâturages boisés du Chalet du Pré-aux-Veaux sur le territoire du Chenit. Ce travail titanesque a été réalisé par une jolie petite fourmi noire et rousse de moins de 10 milligrammes nommée «Formica Paralugubris», l'une des 137 espèces de Suisse. Le Jura, avec ses forêts et ses pâturages, lui a offert les conditions idéales pour se développer. Sa maison? De belles fourmilières coniques au dôme arrondi sous les arbres, orientées tel un panneau solaire vers le Sud-Est. «Elles bénéficient ainsi des premiers rayons du matin, puis d'ombre aux heures les plus chaudes.» Pensez donc, la maison est chauffée. A 30° degrés au centre grâce à... la digestion de ses locataires. «Contrairement aux mammifères qui ont une température stable, les insectes règlent leur chaleur par leur activité.» S'il fait trop chaud, observez qu'elles désertent la surface ensoleillée de la fourmilière. Elles en ont fermés les entrées, en rabattant les aiguilles d'épicéas comme on ferme nos stores. «Créez de l'ombre et vous verrez en quelques minutes les fourmis réapparaître», démontre Daniel Béguin. Reines par centainesEh non, il n'y a pas qu'une seule reine pondeuse chez notre fourmi! «Une grande fourmilière en compte plusieurs centaines», corrige Daniel Béguin. Pour les festivités nuptiales, venez en début d'été. Mâles et femelles prennent leur envol au matin et tentent de se retrouver dans les pâturages prévus pour l'accouplement. «Les mâles ont une toute petite tête, sourit notre guide. Ses mandibules sont atrophiées, car il n'en aura pas besoin longtemps. Ses chances de survie hors de la fourmilière sont de trois jours.» Quant à la femelle, elle utilisera jusqu'à dix ans la semence reçue de ses ébats. Pour autant bien sûr qu'elle survive aussi: car vite, elle doit regagner la colonie pour y être soit accueillies en reine... soit tuée. Si elle tombe sur une colonie de fourmis cousines, elle se fera passer pour leur propre reine et les rendra esclaves. Quelle vie de fourmi!Qui dit reine ne dit pas vie de château. «Notre espèce n'a pas de soldates. Les ouvrières changent de fonction selon l'âge, accédant aux plus dangereuses en vieillissant.» Elles sont ainsi d'abord aux petits soins des reines, des œufs et des larves, au ménage ou aux réparations intérieures.
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