Les éditions
Octobre 2008
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Bible ouverte
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Le diable existe-t-il? |
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| 29-09-2008 | |||
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Trois théologiens de confessions différentes répondent à nos questions sur le mal
«Des bâtons dans les roues»
«Si j'ouvre la Bible, il me semble que c'est assez évident. Il y a du diable quelque part. A partir de là, il faut faire attention quand nous voulons le décrire. Car les représentations bibliques dépendent du milieu culturel où elles se sont construites. Une chose est sûre, dans les Evangiles le Christ affronte un adversaire, Satan, qui met des bâtons dans les roues de sa mission. Je n'ai pas souvent eu l'impression de rencontrer le diable avant de me rendre à Auschwitz. En voyant la planification aussi intelligente de l'horreur, j'ai eu l'impression que cela dépassait la capacité humaine à nuire. Est-il possible que des hommes aient fait cela? J'y vois comme la démonstration d'un mal surhumain, la signature négative du mal. J'en ai vu les traces, comme si je l'avais vu à l'œuvre. Cela dit, il est plus urgent de basculer dans la communion au Christ que de tout orienter à partir de la peur du diable. La meilleure manière d'y échapper est de s'allier au vainqueur. Nous ne sommes pas dans un match nul! La mort et la résurrection du Christ signifient la victoire sur le mal.
Je préfère être séduit par l'amour, plutôt que de me laisser piéger par la peur du diable, qui est encore une manière d'entrer dans son jeu. «Il est éphémère»
«Le diable existe, c'est une évidence. Attention, je n'utilise pas ce verbe dans le même sens que pour Dieu. Dieu existe comme créateur, éternité, origine, liberté d'entreprendre. Le diable n'a rien de tout cela. Il est éphémère. Il existe comme d'autres choses créées, avec leur origine et leur fin. Alors ne faisons pas du diable une espèce de dieu du mal. Le diable est un mystère que nous ne pourrons jamais expliquer.
Si nous pouvions le percer, nous l'éradiquerions comme n'importe quel autre problème. L'homme serait alors Dieu. Il existe ensuite de la même manière dans les groupes humains. Regardez l'histoire de l'humanité! Enfin, il y a des situations où il faut quasiment conférer au diable une existence personnalisée. Je pense à des cas de possession majeure et d'envoûtement. Mais je suis prudent avec cette représentation. L'exorcisme est un exercice périlleux. En fait, je ne peux parler du diable sans parler de Dieu. Dieu est lumière, et il n'y a pas de lumière sans ombre. Le diable est l'ombre de la lumière de Dieu. Nous avons la liberté de vivre la lumière. Avec une attitude d'amour, le diable s'estompe.» «Comme un parasite»
«Le diable existe. Il n'a pas queue fourchue, cornes et mauvaises intentions. Il apparaît dans les Evangiles comme une variante malheureuse du croyant. Il ressemble non à celui qui veut détruire, mais à celui qui veut faire mieux. Il cherche à améliorer l'Evangile. Il agit dans l'Eglise, car c'est là qu'est la foi. Ce sont les croyants qui sont menacés de pervertir l'Evangile. Les autorités ecclésiastiques y succombent quand elles placent les questions d'organisation et de finances avant l'Evangile. Comme un parasite, il a besoin que l'Esprit agisse pour intervenir de son côté. Lisez le récit de la tentation de Jésus dans le désert. Le diable propose apparemment de bonnes idées: en changeant les pierres en pain, Jésus pourrait encore mieux prêcher le Royaume, nourrir l'humanité, voire faire de l'argent. La tentation consiste à compléter la foi en se construisant des garanties pour l'avenir. Je veux bien faire confiance à Dieu, mais j'assure parallèlement mon futur. Ainsi je gagne en assurance, mais je perds la conviction d'être reconnu par Dieu indépendamment de mes qualités. Celui qui reçoit son âme comme un don gratuit la sauve, mais celui qui veut la sauver, la perd. Le diable propose à la fois de la recevoir et de la gagner. Nous entrons alors dans le marchandage et la rétribution, nous perdons la gratuité. Ce récit de tentation personnifie Satan. Il met en narration ce qui se passe à l'intérieur de Jésus. Le diable est bien réel en nous. Le situer à l'extérieur revient à ne pas voir nos propres compromissions. Il faut donc prêcher le diable, pour ne pas succomber à la tentation. Car s'il était facile à repérer, avec ses cornes à notre porte, il ne serait pas dangereux. Mettons-nous en état d'écouter l'Evangile qui nous dit exactement où il est.»
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Abbé Claude Ducarroz, prévôt de la cathédrale de Fribourg:
Jean-Jacques Meylan, formateur d'adulte à la Fédération romande d'Eglises évangéliques:
François Vouga, professeur de théologie à Bielefeld en Allemagne:
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