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Dossier
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Calvin sans trop se fatiguer |
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| 30-09-2008 | |
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Comme le clergé catholique a été expulsé, une nouvelle organisation de l'Eglise doit être mise en place. Farel écrit un catéchisme, Calvin travaille au règlement pour le fonctionnement de l'Eglise. Mais un conflit surgit avec les autorités politiques, qui veulent placer l'Eglise sous leur contrôle. En 1538, Calvin refait ses bagages, et part pour Strasbourg. Trois ans plus tard, suite à des troubles dans la ville, Genève le rappelle. Il s'y installe et publie «Les ordonnances ecclésiastiques» qui précisent la manière dont doit s'organiser le ministère ecclésiastique, avec ses pasteurs, ses docteurs, ses anciens et ses diacres. Catéchisme réformé, formation des pasteurs notamment aux langues bibliques, interprétation de la Bible, l'infatigable Calvin ne ménage pas ses efforts pour réformer l'Eglise. De 1536 à 1559, son «Institution» est passée de six à huitante chapitres, d'un opuscule à une œuvre en quatre volumes. Il y développe ses idées sur la foi, les sacrements - dont il ne reconnaît que deux, le baptême et l'eucharistie ou sainte cène -, ainsi que sur les relations de l'Eglise avec les autorités civiles.
Un homme effrayé par une époque chaotique» Pour Calvin, la connaissance de Dieu ne peut venir de nos propres efforts, elle ne peut venir que quand nous recevons Dieu de la manière dont il se montre à nous. Ses convictions sur le péché, sur la prédestination, sont l'objet de discussions et de polémiques. La rigueur qu'il montre contre ses opposants à Genève, notamment lors de la condamnation au bûcher de Michel Servet, lui vaut le surnom de «pape de Genève» par ses opposants. Calvin a eu une vie de famille. Lors de son séjour à Strasbourg, il épouse Idelette, veuve d'un pasteur ami, avec laquelle il aura un fils, mort en bas âge. A la fin de sa vie, rappelant la mort de son fils, Calvin s'écriera: «Dans la chrétienté, j'ai dix mille enfants.» Un héritageDes héritiers, il en a eus. Tour à tour montré comme étant à l'origine de l'esprit du capitalisme, de l'esprit révolutionnaire, de la Constitution américaine, de la théologie de la libération, du féminisme comme du protestantisme fondamentaliste, Calvin reste un personnage complexe, difficile à cerner sans se fatiguer un peu: «D'un côté, il était l'humaniste qui critiquait les dogmes rigides de son époque, qui militait pour la flexibilité et la tolérance. D'autre part, il était un homme effrayé par une époque chaotique qui manquait de structure pour l'organiser, un conservateur qui lutta vigoureusement pour imposer un ordre à un monde désordonné. En un certain sens, Calvin était un homme en contradiction avec lui-même», conclut Christopher Elwood, pour expliquer ce riche et indiscipliné héritage.
«Une découverte» Mix et Remix commente ses illustrations de Calvin
bn
*Christopher Elwood, Mix et Remix, «Calvin sans trop se fatiguer», Labor et Fides, à paraître en octobre.
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«C'était agréable pour moi, catholique, de découvrir la pensée de Calvin. J'ai essayé de faire rire par rapport à l'esprit genevois, ou avec la confrontation entre catholiques et protestants. Ce qui m'a le plus surpris, c'est cette histoire de prédestination, que je ne connaissais pas. C'est très spécial pour un catholique qui fait son salut par sa vie sur terre. En fait, il y a une forme de fatalisme assez déprimant. Mais j'ai vu que cette conception était déjà remise en question à son époque.»
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