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Une chartreuse cachée près de chez vous Version imprimable Suggérer par mail
30-09-2008

L'historien Laurent Auberson fait revivre les moines de la plus ancienne chartreuse fondée en Suisse. Retirés dans une forêt du canton de Vaud

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Vue aérienne de la chartreuse d'Oujon, au-dessus d'Arzier.

Photo : André Locher, www.swisscastles.ch

 

Silencieux comme toujours, recueillis et priants solitaires dans leur ermitage éloigné du monde, les chartreux semblent encore présents sur le site de la chartreuse d'Oujon. Laurent Auberson, 46 ans, historien féru de l'ordre monastique, les fait revivre devant vous comme si, en pénétrant dans le bois sombre à ses côtés, vous chevauchiez une machine à remonter le temps.

Car les derniers moines ont été chassés de l'endroit en 1537. La Réformation mettait fin à une présence de quatre siècles de chartreux dans une clairière cachée au fond des bois, à une dizaine de kilomètres au-dessus de Nyon.

Le chemin suivi par l'historien vaudois s'écarte du sentier spirituel inauguré l'an dernier, lors de la fête du 700e anniversaire de l'église d'Arzier. Laurent Auberson s'enthousiasme pour la quête si particulière de ces hommes pieux qui consacrent leur vie à chercher Dieu, dans une solitude très organisée. «Les chartreux ont su concilier une vie d'ermite avec la vie communautaire. Un minimum de règles leur évitait les déviances d'une solitude absolue et d'une ascèse excessive qui peuvent devenir une fin en soi.»

Sur la droite de la route Arzier - Saint-Cergue, un portail à peine visible marque l'entrée dans l'enceinte du monastère. Commencer le chemin, c'était sortir du monde. «La rangée d'arbres, qui longe la route sur la gauche, marque l'enceinte de ce que les chartreux appellent le désert, mais le monastère gérait un territoire plus étendu encore.»

En suivant le sentier, entre bosquets et pâturages, quelques pierres moussues apparaissent sur un tertre: les restes de la Maison basse, des bâtiments qui abritaient les frères convers, chargés d'assurer l'intendance et le lien avec le monde extérieur. Le ruisseau était exploité par une scierie, et retenu pour un étang à poissons.

«Ces constructions ont été abandonnées deux siècles avant la fin de la chartreuse, explique notre guide. Les convers ont été rapatriés dans des quartiers séparés de le Maison haute.»

Un silence préservé

Un kilomètre plus loin, passé une hauteur à l'orée de la forêt, le chemin redescend doucement à travers le bois dense, avant de déboucher sur une vaste clairière. «Les moines ont choisi cet endroit ombragé et humide, caché derrière une crête, pour préserver leur silence. Si seulement cela pouvait retrouver de l'importance dans notre société», soupire notre guide.